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Marseille. Retour sur Méditerranée du Futur- Renaud Muselier : ’Nous devons construire notre destin’

mercredi 14 décembre 2022

Ce Ve acte de Méditerranée du Futur, rendez-vous désormais incontournable, a pris une ampleur particulière avec le lancement du Pliff (PAMEx Locally Investment Facility), un milliard d’euros pour une Méditerranée verte. Retour sur des débats qui ont prouvé cette conscience des enjeux et l’envie de futur qui se traduit dans les faits et en espèces sonnantes et trébuchantes.

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Renaud Muselier entouré d’intervenants du pourtour de la Méditerranée (Photo Sebastien Nogier/MDF)
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Intervention de Renaud Muselier, président de Provence-Alpes Côte d’Azur ©MDF

C’est sur la scène du Palais des Congrès du Parc Chanot de Marseille, devant un public représentant des dizaines de pays notamment du pourtour de la Méditerranée que Renaud Muselier, président de Provence-Alpes-Côte d’azur et initiateur de Méditerranée du Futur rappelle : « Nous sommes les dépositaires d’un héritage formidable, cela nous impose de travailler ensemble, de construire des solutions ». Précisant : « Élus locaux, régionaux, nous sommes des élus du dernier kilomètre... ». Engagé pour la Méditerranée, il signale : « Je m’inscris dans la diplomatie de mon pays et dans les pas de l’Union pour la Méditerranée ». Il ajoute, en direction des élus venus du pourtour méditerranéen : « Nous avons tous les mêmes problèmes de traitement des déchets, des eaux usées, de sécheresse, d’effondrement de la biodiversité, de feux de forêt. Nous vivons sur le pourtour méditerranéen, nous devons construire notre destin. Ensemble on est plus fort, nous l’avons bien compris et nous essayons de nous fédérer. Nous sommes d’ailleurs trois fois plus nombreux que lors de la première édition ».

Nasser Kamel, Secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée (UpM), indique à son tour, tous les défis que la Méditerranée doit relever mais il ne manque pas d’évoquer aussi ses potentialités, les milliards d’euros qui circulent sur cette mer, entrent et sortent de ses ports. Et de préconiser : « Il nous faut être le rendez-vous mondial de l’adaptation au changement climatique. Nous sommes conscients que le coût de l’inaction sera bien plus élevé que celui de l’action ». Il ajoute qu’il ne faut pas oublier un autre enjeu : la jeunesse. « Elle veut s’assoir à la table des décideurs et nous devons l’entendre. Elle propose notamment l’instauration d’une capitale méditerranéenne de la culture ». Et de conclure à ce propos : « Il y a une dynamique positive de la jeunesse, il faut s’en saisir. Nous devons passer du plaidoyer à l’action ».

l’Observatoire régional de recherche sur l’environnement et le climat

Nabil Mohamed Ahmed, ministre djiboutien de l’Enseignement supérieur et de la recherche rappelle que nos lointains ancêtres sont descendus de leurs arbres à cause du changement climatique : « Eh bien le changement climatique auquel nous allons être confrontés n’a rien à voir avec celui de l’époque ». Il importe donc de se préparer, d’analyser l’évolution de la situation, de mettre en partage la collecte des données. Et de souligner dans ce cadre que Djibouti a inauguré, au mois d’octobre, l’Observatoire régional de recherche sur l’environnement et le climat (Orrec). Créé avec l’aide de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), « l’Observatoire doit aider le pays et, plus largement ses voisins à mieux gérer les ressources en eau et en nourriture, de plus en plus menacées par le réchauffement climatique. La nouvelle installation utilisera des techniques nucléaires et connexes pour produire des données et des modèles climatiques pouvant éclairer les décisions politiques en matière d’adaptation et de résilience climatiques pour le pays et potentiellement pour toute la région d’Afrique de l’Est. »

« Le futur se conjugue avec espoir et l’espoir cela se prépare »

Selon les recherches disponibles, si les précipitations saisonnières sont encore aussi faibles cette année, une sécheresse sans précédent et une famine sont imminentes dans la Corne de l’Afrique. En outre, si la température augmente de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels, plus de 90 % des récifs coralliens d’Afrique de l’Est seront gravement dégradés par le blanchiment et la pêche en mer et en eau douce sera fortement menacée. L’Orrec utilise des données pour produire des modèles climatiques et des outils de cartographie. Nabil Mohamed Ahmed reprend : « Ces éléments nous permettrons de dire ce que nous voulons pour notre région et pour le monde entier. C’est important car, pour moi, le futur se conjugue avec espoir et l’espoir cela se prépare ». Il aborde ensuite la question des aides, des compensations nécessaires : « Rien que pour l’Afrique de l’Est il faudrait 800 milliards ». Au-delà des enjeux financiers Nabil Mohamed Ahmed insiste sur un point : « Il faut préparer la jeunesse, lui donner la meilleure éducation possible, les meilleurs outils ». Et de conclure son intervention : « Pensez à notre corps, à 37 degrés nous allons bien, à 38, 39, nous sommes mal, à 40 nous sommes au bord de l’hospitalisation alors imaginez ce que nous faisons subir à la planète. Il faut agir ».

« Construire une Méditerranée pacifique, durable et culturelle »

Pour Olivier Poivre d’Arvor, Ambassadeur pour les pôles et les enjeux maritimes au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, il est l’heure : « d’un renversement des rives, de la création d’une relation de totale égalité. Nous partageons quelque chose de commun fait de culture, de migrations... tout autour de la Méditerranée. La Méditerranée c’est une histoire mélangée qui a produit des choses exceptionnelles ». Il considère : « Cette mer qui nous a construit est ce que nous avons de plus précieux, notre bien commun. L’Union pour la Méditerranée est donc essentielle elle réunit autour d’une même table des gens qui, parfois, se battent ». Olivier Poivre d’Arvor rappelle que : « 25% du commerce mondial passe par la Méditerranée mais elle n’en profite pas assez. Méditerranée, Europe, nous devons identifier les problèmes, construire une Méditerranée pacifique, durable et culturelle ».

Vers une mer et un littoral méditerranéens sains, propres, durables et résilients

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la journée de l’acte V de méditerranée du Futur a été jalonnée de Table ronde ©MDF

Une première table ronde aborde « La Méditerranée face aux défis de l’adaptation et du dérèglement climatique ». Tatiana Hema, coordonnatrice du plan d’action Méditerranée du Programme des Nations Unies pour l’Environnement explique : « Nous apportons notre soutien aux pays qui incluent des stratégies nationales pour faire face au changement climatique ». Rappelons que ce Plan est une plateforme de coopération régionale créée en 1975. La stratégie à moyen terme, pour la période 2022-2027 vise à obtenir des progrès vers une mer et un littoral méditerranéens sains, propres, durables et résilients au changement climatique, avec des écosystèmes marins et côtiers productifs et biologiquement diversifiés ; où les objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et ses objectifs de développement durable sont atteints grâce à la mise en œuvre effective de la Convention de Barcelone, de ses Protocoles et de la Stratégie méditerranéenne pour le développement durable au bénéfice des populations et de la nature.

« La question n’est pas de savoir s’il va y avoir des tsunamis »

Bernardo Aliaga Rossel, spécialiste des tsunamis à l’Unesco, prévient : « Lorsque l’on pense à un tsunami on pense à une vague de 10 mètres de haut mais cela peu aussi être une vague de 50 centimètres et cela reste un mur d’eau et c’est suffisant pour faire tomber une personne ». Ceci précisé il lance : « La question n’es pas de savoir s’il va y avoir des tsunamis, il va y en avoir ». Pour les prévenir un système, géré par cinq centres régionaux alerte en 10 minutes de l’arrivée du tsunami.

Pour Amel Makhlouf, experte Maghreb pour le projet Clima-Med Agir pour le climat dans le sud de la Méditerranée, il importe « d’instaurer un système économique méditerranéen basé sur l’autosuffisance alimentaire comme énergétique ». Et de mettre en exergue les nombreuses initiatives mises en œuvre par des villes méditerranéennes en matière de gestion des déchets, de transports propres, tout en reconnaissant : « il faut des moyens pour cela ».

« Quels enfants laisserons-nous à notre terre »

Grégory Allione, président de la Fédération des pompiers de France souligne que : « les soldats du feu savent s’adapter, ils sont également devenu des soldats de la vie, de la paix. Sud et Nord de la Méditerranée nous travaillons ensemble, nous allons là où c’est nécessaire, comme des pompiers étrangers viennent nous aider comme cela fut le cas en 2003 avec la venue de nos collègues algériens ». Mais que faudrait-il de plus pour être encore plus efficace ? Sans hésitation, Grégory Allione avance : « Des moyens bien sûr mais aussi avoir plus de volontaires et une population mieux formée aux gestes qui sauvent ». Et il s’interroge : « Quelle terre laisserons-nous à nos enfants mais aussi quels enfants laisserons-nous à notre terre ».

Le président adjoint de la fondation Prima, Omar Amawi, insiste à son tour sur l’importance du travail en commun : « Il nous faut travailler encore plus étroitement et plus efficacement ensemble. Il faut produire de la connaissance et la mettre en partage ».

« Lutter contre la pauvreté, assurer la sécurité énergétique et alimentaire des populations »

Corinne Brunon-Meunier, présente l’IRD (Institut de recherche et de développement) : « Il est la voix de très nombreux chercheurs qui travaillent en équipes interdisciplinaires ». S’appuyant sur le rapport du GIEC elle évoque « une région extrêmement vulnérable au changement climatique ». Elle signale que, depuis 1850, la température a augmenté de 1,5 degré et que le niveau de la mer est monté tandis que « les précipitations, en particulier dans le Maghreb, se réduisent, ce qui intensifie les défis déjà existants ». Face à cela elle fait à son tour un plaidoyer : « Il faut réduire les inégalités, lutter contre la pauvreté, assurer la sécurité énergétique et alimentaire des populations. On peut notamment accroître de 35% l’efficacité des surfaces agricoles en cultivant des plantes plus résilientes ». Elle note à ce propos : « Les chercheurs ne travaillent pas seuls dans leur coin, ils réunissent tous les acteurs de la filière pour trouver, ensemble, des solutions, prendre des décisions, mais aussi documenter, donner des outils ».

« Un récit qui donne envie à chacun de s’engager dans la transition »

Il revient à Cyprien Fonvielle, le directeur général de Neede Méditerranée indique : « Notre Méditerranée, un territoire exceptionnel où sont nés tant de récits fondateurs pour l’humanité, doit aujourd’hui encore engendrer un nouveau récit. Et c’est bien là que nous sommes tous attendus, dans notre capacité à écrire ensemble l’avenir de la Méditerranée. Dans notre capacité à porter un récit qui amène l’humanité à penser et à construire de nouveaux équilibres articulés autour du vivant, un récit qui donne envie à chacun de s’engager dans la transition ».

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Lancement du Pliff par Renaud Muselier et les partenaires lors de l’Acte V de Méditerranée du Futur (Photo Guillaume Horcajuelo/MdF)

Si des pistes de solutions existent, les fonds ne sont pas toujours au rendez-vous, il importe donc d’en trouver pour construire « Une Méditerranée exemplaire à l’horizon 2030 », c’est l’objet de la deuxième table-ronde.

« Le dossier est monté avec les acteurs du dernier kilomètre »

Ferid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord insiste également sur l’importance de mettre en place des politiques agricoles soutenables durables et l’instauration de collaboration entre toutes les rives de la Méditerranée et cela « sans exclusive ».

Christophe Nuttall est conseiller spécial du R20. Cette organisation à but non lucratif fondée en 2011 par l’ancien gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, en coopération avec plusieurs grandes régions et le soutien des Nations unies dans le but d’accompagner les gouvernements infranationaux (provinces, régions, villes, etc.) du monde entier dans le développement et le financement de projets d’infrastructures durables. La particularité de l’ONG est d’intervenir au niveau des régions. Il présente le Pliff, doté de 1 milliard « La somme permettra notamment de financer des opérations d’électrification et d’assainissement, des opérations qui coûtent en moyenne entre 20 et 30 millions d’euros. Une cartographie des territoires permet de connaître les zones à enjeux ». Il ajoute que parmi les originalités du Pliff « il y a le fait que les porteurs de projet sont accompagnés pour présenter aux mieux leur dossier aux investisseurs que nous sommes. Et, d’autre part, on décide généralement du haut vers le bas, là le dossier est monté avec les acteurs du dernier kilomètre. Financiers, investisseurs, scientifiques, nous parlons tous différemment. Notre rôle est de créer une synergie entre les acteurs, de rendre vendable les projets auprès des financeurs afin de répondre aux besoins de la population ».

« Relancer la coopération régionale en matière de protection de la biodiversité marine »

L’Ambassadeur Karim Amellal, délégué interministériel à la Méditerranée, attire l’attention sur l’importance du Pamex, Plan d’action pour une Méditerranée exemplaire, « Il s’agit d’une opération d’États mise en placeen 2021 visant à relancer la coopération régionale en matière de protection de la biodiversité marine et à contribuer aux discussions dans les enceintes multilatérales et régionales dédiées à l’environnement et à la gestion de la pêche ».

Le Pamex a été officialisé le 3 septembre 2021 lors de l’ouverture du congrès mondial de la nature à Marseille par l’engagement politique des États riverains de la Méditerranée (France, Monaco, Espagne, Italie, Grèce, Algérie, Maroc, Tunisie, et Égypte) et des organisations partenaires (Union européenne, PNUE/PAM, Union pour la Méditerranée, Commission générale des pêches pour la Méditerranée, Conférence des régions périphériques maritimes). Karim Amellal note : « Il existe des dispositifs qui ont permis des avancées mais sur des sujets où il y a urgence d’agir, des situations désastreuses sont là et ce que nous avons fait jusque là n’a pas marché. Il fallait donc se doter de nouveaux outils. C’est ce qui a été fait avec le PLIFF qui est efficace, pragmatique, souple au bénéfice d’opérations de lutte contre le changement climatique et pour la protection de la biodiversité ».

« Il faut doubler d’ici 2025 et tripler d’ici 2030 les investissements »

Elisabeth Chouraki, coordonnatrice Pamex signale que ce dernier « entend développer les zones effectives de protection marine, de lutter contre la pollution et le verdissement du transport maritime ». Pour financer ce programme : « il faut doubler d’ici 2025 et tripler d’ici 2030 les investissements ». A peine 7,4 % du bassin méditerranéen est couvert par des aires marines protégées. « Il faudrait atteindre 30% d’ici 2030. 62,5% des stocks évalués de poissons sont considérés comme surpêchés en Méditerranée. Rétablir l’ensemble des stocks en 2030 est possible. »

Ensuite quelque 600 000 tonnes de déchets sont déversés chaque année en Méditerranée. « Mettre fin à la pollution par les plastiques à usage unique est une priorité. » Et, il faut savoir que la Méditerranée se réchauffe 20% plus vite que le reste du globe. « Il faut réduire l’impact du transport maritime sur le réchauffement climatique en Méditerranée. »

« Nous savons quels pays présentent les zones les plus fragiles »

David Albertani, R20, indique : « un de nos premiers projets a consisté à créer un centre de tri à Oran. Un autre programme phare a consisté en la mise en place d’un fonds se composant de 150 millions de dollars d’argent public et de 600 millions de dollars venant du privé pour travailler sur l’énergie, les déchets de l’agriculture dans de nombreux pays, nous sommes déjà présents au Maroc et en Tunisie ».

Matthew Mac Lukie explique comment les projets à financer par le PLIFF vont être priorisé : « Nous disposons d’un système satellitaire qui permet de bénéficier de données que nos étudions : rejet de CO2, de plastiques, espèces vulnérables... Et, fort de tous ces éléments, nous savons quels pays présentent les zones les plus fragiles ».

« Nous disposons de 3 milliards là où nous avons besoin de 7 à 15 milliards par an »

Nelson de Lamare est membre ICLEI Afrique. Une structure qui s’inscrit dans un réseau mondial qui travaille avec plus de 2 500 gouvernements locaux et régionaux engagés dans le développement urbain durable. Actifs dans plus de 125 pays, elle influence les politiques de développement durable et mène des actions locales pour un développement à faibles émissions, basé sur la nature, équitable, résilient et circulaire. Il explique que les aides qui arrivent en Afrique sont insuffisantes pour répondre aux enjeux. « Nous disposons de 3 milliards là où nous avons besoin de 7 à 15 milliards par an. Les besoins sont énormes : accès à l’eau, gestion des déchets, électricité. Et nous avons de grandes difficultés pour nous adapter au changement climatique, notamment en ce qui concerne la protection de nos côtes, des zones humides... En cela le Pliff est une opportunité pour agir en direction des collectivités territoriales ».

« Passer de l’approche par acteur à une approche par territoire »

Malik Boukebbous, délégué Égypte DEME Group, présente les actions de son groupe dans ce pays, il évoque notamment le lac Bardawill, grand lac situé près de la côte nord de la péninsule du Sinaï : « Nous sommes plusieurs partenaires dans ce projet pour lequel nous effectuons des travaux de dragage, une opération qui vise notamment à récupérer des sédiments afin de revégétaliser le Sinaï et de repeupler en poissons ce lac ». Rémy Rioux, le directeur général de l’Agence française de développement (AFD) indique pour sa part : « Depuis 2015, chaque acteur du système financier fait son travail : banques privées, publiques, institutions financières. Maintenant il faut faire ensemble, passer de l’approche par acteur à une approche par territoire ». Il ajoute : « On parle souvent de montants, mais ce qui importe c’est aussi la demande de financement. Si, avec le Pliff un travail se fait en Méditerranée, compte tenu de la gravité de la situation, ce sera un laboratoire d’innovations financière et technique ». Victoria Tur, Agence espagnole pour la coopération insiste sur l’importance de la coopération pour faire face au changement climatique dont l’Espagne souffre aussi.

« Un port a déjà lancé une étude »

Olivier Darrason, délégué du club des investisseurs de la Méditerranée du futur revient sur l’historique de ce projet : « Il y a trois ans Renaud Muselier a demandé d’inventer un système de financement pour la Méditerranée en réunissant des investisseurs du monde entier pour financer des projets de lutte contre le réchauffement climatique et pour la biodiversité. Nous avons rassemblé, examiné les projets d’hydrogène vert, d’algues permettant de remplacer le plastique ». Il s’agissait d’une avancée « Mais ce n’était pas suffisant, la Région voulait que des financements massifs se mettent en place. C’est là que s’est tenue la rencontre avec le R20. Il s’agit de pouvoir financer des projets à fort impact, tel que l’électrification des ports. Dans ce cadre vous venons de visiter le Grand port de Marseille pour voir ce qu’il fait en ce domaine. Et nous allons lancer sur plusieurs ports des solutions de financement. Un port a déjà lancé une étude pour l’électrification du port et du quartier attenant ».

« Il n’y a pas création de valeurs en polluant, en détruisant, en gaspillant »

Olivier Stintzy, Groupe Edifice Capital, indique : « le Pliff comprend deux tranches de financement, une, à risque, portée par le public et la deuxième moins risquée, portée par le privé, sachant que nous travaillons ensemble pour faire baisser les risques ». Yassine Bouhara est fondateur et président de Tell Group, pour lui : « il n’y a pas création de valeurs en polluant, en détruisant, en gaspillant. Les aspects environnementaux ne sont donc pas des contraintes ». D’en venir au Pliff : « Il s’agit d’une structure originale, flexible, regroupant une combinaison d’acteurs et nous avons les bons outils pour différencier les projets pertinents de l’écoblanchiment avec un suivi avant, pendant et après le projet avec des bonus ou des pénalités suivant le résultat ».

Margaret Kim est PDG de Gold Standard qui a été créé en 2003 par le WWF et d’autres ONG internationales pour garantir que les projets qui réduisent les émissions de carbone présentent les plus hauts niveaux d’intégrité environnementale et contribuent également au développement durable. Elle met à son tour en exergue l’importance d’avoir « une ligne d’impact claire afin d’avoir les bons protocoles et les bons processus. Il faut que les fonds du Pliff soient acheminés là où ils auront le plus d’impact. Nous contribuerons à veiller que ce soit le cas ». Enfin Hervé Martel, le président du directoire du Grand Port Maritime de Marseille, revient sur l’électrification du port : « Tous les navires vers la Corse sont branchés à quai et il en ira de même l’an prochain pour ceux à destination du Maghreb et la prochaine étape concernera le branchement de deux navires de croisière ».
Michel CAIRE

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