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Municipales à Marseille : Un lancement de campagne offensif pour les mouvements écologistes

mercredi 16 octobre 2019

Il faudra compter avec eux. Troisième force politique aux dernières Européennes, les mouvements écologistes, lançant leur campagne le 11 octobre dernier, l’annoncent haut et fort : leur projet sera sans concession et leurs mesures, « radicales »... revue de détail.

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Les mouvements écologistes réunis sous une même couleur (Photo Robert Poulain)

Ils sont six et se lancent à l’assaut de la mairie de Marseille. Six mouvements écologistes en effet qui, selon les termes de Sébastien Barles, l’un des porte-parole d’EELV (Europe Ecologie-Les verts), misent sur la capacité de l’écologie « à ramener les Marseillais aux urnes », au vu de la situation de la cité phocéenne, « ville inégalitaire, polluée et bâtie sans réflexion, avec perte de terres arables ». Outre EELV, on compte aussi avec la présence d’Urgence Écologie, mouvement créé pour les dernières élections européennes, Alliance Écologique Indépendante, Génération Écologie, Eco Forum ou encore Génération climat. Était également présent Régions et Peuples Solidaires, mouvement issu de l’alliance de l’écologie et du régionalisme... mais non candidat, puisque basé à Toulon. Après, qui prendra la tête de cette dynamique, propre à « lier écologie et émergence citoyenne » ? Rien n’est acté pour l’heure et tout est encore ouvert, indique encore Sébastien Barles. Ce qui l’est en revanche, c’est cette volonté d’une écologie ouverte, pour « prendre soin des communs avec une économie des solutions ».

Un revenu de transition écologique

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Sébastien Barles porte-parole d’EELV (Photo Robert Poulain)

Exemple avec le revenu de transition écologique, initiative lancée initialement par la ville de Grande-Synthe, dans le Nord de la France. Kezako ? Il s’agit d’apporter un complément de revenu ainsi qu’un accompagnement à toute personne ayant une activité à impact écologique et social. Ou encore, le minimum social garanti, lequel utilise les économies de fonctionnement faites par une municipalité. Un dispositif qui permet de les reverser aux jeunes ou aux personnes âgées vivant avec des revenus inférieurs à 850 euros par mois. Ainsi EELV, qui a quitté le fameux « Mouvement sans précédent » pour faire cavalier seul, entend capitaliser sur le caractère « vecteur d’espoir » indissociable aujourd’hui pour les Français de la question écologique, selon un récent sondage. A Marseille, il faut ajouter « la question du mal logement, l’incurie municipale  » qui, espère le porte parole, ramèneront elles aussi aux urnes cette force citoyenne, née à la suite des effondrements de la rue d’Aubagne. Sur ce chapitre justement, Sébastien Barles évoque la nécessité de faire appel à des fonds, notamment européens. Car pour l’heure, « monter les dossiers, à Marseille on ne sait pas faire, on n’a pas d’ingénierie pour ça. Il faut trouver des leviers intéressants ». Ils existent, comme il le rappelle, citant la réquisition des logements vacants, mesure de 1945 d’origine gaulliste « non appliquée aujourd’hui  ».

Mener la transition à l’échelle de la Métropole

Encore faut-il, outre ces leviers, que la volonté politique s’en mêle. Ce serait le cas, martèle le représentant d’EELV, si ce vaste mouvement écologiste remportait la deuxième ville de France. « Pour nous, la question de la résorption de l’habitat insalubre et indigne, c’est une priorité ». Tout comme celle de la précarité énergétique. Pour lutter contre cette dernière, « il faudra passer par les bailleurs sociaux publics et privés, mettre en place des mesures incitatives, isoler des logements qui sont de vraies passoires thermiques aujourd’hui. C’est par exemple le cas à la Bricarde, que je connais bien. On a des locataires qui payent plus de charges que de loyers certains mois ! Donc c’est une mesure de l’urgence sociale et écologique et c’est une question de volonté politique ». Et tout cela doit se faire à l’échelle métropolitaine. Une nécessité pour conjuguer cette politique de transition écologique à d’autres enjeux, tel « le maintien des terres fertiles ». Cite comme exemple la Camargue qui est menacée par un projet de contournement autoroutier... Par ailleurs, « c’est repenser la question du Port de Marseille », et la nécessité de relocaliser l’économie. Il faut « arrêter de développer les centres logistiques, en disant c’est de l’emploi ! Ce sont des emplois précaires, ce ne sont pas ceux de demain. Ce qu’on veut c’est créer des filières au niveau de la métropole, créer des métiers de la transition écologique, c’est maintenir les terres fertiles, développer aussi les transports collectifs qui permettent de vrais RER métropolitains, essayer de reconvertir les vieux bastions industriels, arrêter les usines qui polluent et les emplois toxiques… Et le personnel sera reconverti sur d’autres sites d’énergie alternative. Ça, c’est de l’emploi durable ».

Quelles alliances ?

Mais avant la Métropole, c’est le fauteuil de maire qu’il faut occuper. Et il sera compliqué de le gagner seul... Alors, reste à savoir avec qui faire alliance dans cette course à la municipale. « On sait quels sont nos partenaires. Mais ce que l’on veut, c’est un contrat. Car nous ne reviendrons pas sur le projet qui nous anime, à savoir transformer la Ville. Et nos mesures seront radicales. On sait qui sera en accord avec ce projet, et avec qui on n’a pas envie de le faire ». Forts de leur position de troisième aux Européennes, les écologistes savent aussi qu’ils représentent une force nouvelle, avec laquelle il faut compter. « Il n’y a pas d’alliance possible avec la droite et la gauche, qui font système, qui ont mis en place un clientélisme des promoteurs et des bétonneurs ». Mais avant cela, la première urgence, c’est le barrage à l’extrême droite... ou à la droite extrême. La vigilance des écologistes est en effet en action, sur tous les secteurs, notamment le 9/10 ou le 11/12, explique encore Sébastien Barles : « s’il n’y a pas de triangulaire, on y laissera gagner une droite « marionniste ». C’est la droite des fachos ! Et on ne veut pas faire son lit. Après, il y aura peut-être des triangulaires, on pourrait se maintenir... quels seront nos partenaires ? Avec qui empêcher le pire sur ces territoires-là ? Chaque secteur sera regardé à la loupe ». L’homme rappelle toutefois que l’heure n’est pas aux transactions de partis, mais au lancement de ce projet écologique porté par l’ensemble des mouvements présents. Manque toutefois à l’appel Michèle Rubirola, qui a joint son pas à celui du Mouvement sans précédent, suspendue pour raison de dissidence par EELV...

Entretien avec Sébastien Barles porte-parole d’EELV

Contribuer aux commissions thématiques

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Étienne Tabbagh référent programmatique du mouvement (Photo Robert Poulain)

Et ce projet, il prendra peu à peu du corps sous l’action du référent programmatique, Étienne Tabbagh, professeur de sciences économiques et sociales en Prépa au lycée Thiers, adhérent à EELV depuis 2011. Désigné comme tel en juin 2019, il va « prendre en compte les productions écologistes qui ont été publiées par des élus, des militants, des scientifiques pour élaborer les propositions en collaboration avec tous les militants de partenaires écolo et bâtir une première base ». Deuxième palier, les contributions des citoyens et citoyennes seront également collectées à partir du mois d’octobre.
Tout cela s’inscrira dans les divers axes du projet. Le premier : « oxygéner notre démocratie, arrêter de faire en sorte que les décisions soient prises par des experts qu’on ne connaît pas très bien, dans des conditions opaques. Il faut de la transparence ! Si on décide par exemple d’allonger ce tramway ou de rénover tel immeuble, il faut qu’on donne les conditions de réalisation, quand auront lieu les travaux, qui a pris la décision...  » L’idée étant au final de permettre aux citoyens de comparer et d’élire les chantiers qui leur semblent les plus utiles. Car on peut leur donner, via production d’informations sur les projets et leurs enjeux, la culture nécessaire à l’analyse comparée, prélude à des choix « éclairés ». Autre axe, la nécessité de « bâtir une ville nature, de réussir à la végétaliser. Elle en a besoin, elle s’est beaucoup construite sur le béton ». Face à la gestion des eaux de pluie et au projet de laisser l’eau là où elle tombe, y compris dans les jardins privés, Étienne Tabbagh pense à créer les conditions d’une collaboration. Voir ensemble « comment la récolter, comment la répartir entre les différents citoyens dans le lieu où elle est collectée... » Le troisième axe, enfin, tourne autour d’un lien social à retisser. « Cela veut dire lutter contre les fractures et les grandes inégalités sociales qui existent à Marseille. On pense aux quartiers Nord et aux quartiers Sud, mais aussi aux poches de pauvreté que l’on peut trouver dans différents quartiers. C’est aussi retisser le lien entre les générations, rendre nos écoles fonctionnelles, bâties de manière écologique. On pourrait faire des bâtiments à énergie positive pour les enfants, repenser par exemple les cours de récréation, pas forcément faire du béton ou de l’asphalte mais des jardins où les enfants peuvent s’épanouir, où les garçons et les filles peuvent jouer, occuper l’espace de manière égale ». Libre à chaque citoyen de s’inscrire aux commissions thématiques relevant de ces axes, afin d’y porter leur contribution... Ce pour donner vie à une écologie qui est « de la solidarité avant tout ».

Entretien avec Étienne Tabbagh, référent programmatique

Carole PAYRAU (rédaction) et Mireille BIANCIOTTO (son)

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