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Municipales : l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot à Marseille en soutien au candidat Sébastien Barles invite à "un vote de cœur et pas de peur, d’espérance et pas de repli"

mardi 3 mars 2020

Après le secrétaire national d’EELV Julien Bayou, début janvier, c’est l’eurodéputé, Yannick Jadot qui apporte son soutien au candidat écologiste "Debout Marseille" Sébastien Barles, en rappelant : « On ne fait pas de la politique avec des sondages, on fait de la politique avec des électrices et des électeurs. » Entretiens avec Yannick Jadot, Nouriati Djambae, tête de liste Debout Marseille dans les 2/3, Chahidati Soilihi dans les 15/16 et Charlène Fleury, issue de la société civile, qui explique les raisons de son engagement.

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Yannick Jadot entouré du candidat EELV "Debout Marseille" à la mairie de Marseille, Sébastien Barles et ses têtes de liste (Photo D.R.)

Destimed : Yannick Jadot, existe-t-il, selon vous, un lien entre les diverses campagnes en cours pour ces municipales, si oui lequel ?
Yannick Jadot : C’est l’écologie qui est au cœur de cette élection municipale et notre enjeu c’est évidemment qu’il y ait un maillage du territoire national avec des élus écologistes, des mairies écologistes et des politiques publiques écologistes parce qu’on voit bien que les déplacements, le logement, l’alimentation, l’agriculture, l’accès aux services publics, la culture, le sport et évidemment la relocalisation de l’économie, les emplois durables... sont les préoccupations premières de nos concitoyens et c’est là le projet écologiste.

Est-ce que c’est une écologie de droite ou une écologie de gauche ? Vous ouvrez le champ lorsque vous dites que "l’écologie n’a pas de parti, qu’elle est pour tous" ?
L’écologie a un parti, c’est Europe Écologie les Verts et nous avons des valeurs très fortes de justice sociale, d’égalité des droits, de défense des libertés. Dans l’histoire ces combats ont été plutôt des combats de gauche mais pas seulement. Puis, surtout, aujourd’hui, ce qui importe c’est de rassembler la société française autour d’un projet fort. A partir du moment ou de plus en plus de Françaises et de Français considèrent qu’ il y a une urgence écologique, notre projet, nos valeurs de justice sociale sont des valeurs dans lesquelles ils se retrouvent et je dis, bienvenue.

Il y a longtemps... il y a eu une bataille navale à Marseille entre le bateau Greenpeace, vous en étiez, face à des pêcheurs. Qu’est-ce que vous gardez comme souvenir ?
C’était la campagne que menait Greenpeace contre la surexploitation du thon rouge. Cela concernait donc des bateaux extrêmement industriels qui détruisaient le thon rouge, une espèce emblématique de la Méditerranée. Ce que j’en garde ? A l’époque, la mairie de Marseille et le Préfet défendaient les industriels du thon rouge et pas la protection de la Méditerranée, pas la protection d’une espèce menacée et pas les artisans-pêcheurs qui peuvent pêcher du thon rouge, de manière parfaitement respectable.

Le Président de la République, Emmanuel Macron met en avant certaines actions en faveur de l’écologie. Est-il pour autant, selon vous, écologiste ?
Emmanuel Macron n’est pas écologiste puisque, au fond, il considère que ce n’est pas le dérèglement climatique, l’anéantissement de la bio-diversité qui sont des menaces mais le vote Vert qui représente pour lui une menace. A partir de là, forcément, il ne peut pas conduire une politique écologique, conséquente, cohérente et ambitieuse. Après, l’urgence écologique est telle que chaque décision qui va dans le sens de l’écologie, je l’accueille positivement. Je ne veux pas attendre. J’aimerais que le Président de la République voit la lumière verte et qu’il se mette à agir pour l’écologie parce que nous en avons tous besoin.

Grenoble a un maire Vert, Grand Synthe, dans le Nord, aussi, plus près de nous, dans les Alpes Maritimes, Mouans-Sartoux, est-ce que vous comptez gagner d’autres villes ?
Notre objectif est de gagner le maximum de villes et, de villages parce que n’oublions pas qu’il y a aussi des villages où il y a des enjeux d’agriculture, d’accès aux services publics, de création d’activités économiques et d’emplois. Les 15 et 22 mars les électeurs trancheront. Les sondages sont plutôt positifs mais on ne fait pas de la politique avec des sondages, on fait de la politique avec des électrices et des électeurs. Il faut les convaincre et les convaincre jusqu’au dernier jour et notamment les jeunes qui se mobilisent souvent pour l’environnement, pour la solidarité. Ils marchent pour le climat et il ne faut pas que ces jeunes laissent d’autres décider de leur avenir parce qu’ils n’iraient pas voter.

Justement vous faites un appel aux jeunes ?
Je fais un appel aux jeunes pour qu’ils s’emparent de cette élection parce que les jeunes c’est l’énergie vitale de la société.

Entretien avec l’Eurodéputé écologiste Yannick Jadot

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Nouriati Djambae, tête de liste dans les 2/3 (Photo Mireille Bianciotto)

Destimed : Nouriati Djambae, vous êtes tête de liste Debout Marseille dans les 2/3, Yannick Jadot qui était avec vous à Marseille a parlé de rendre les gens heureux avec des solutions. Pouvez-vous nous citer deux ou trois solutions dans les 2/3 ?
Nouriati Djambae : Dans les 2/3 il faut d’abord être à l’écoute des habitants, les entendre et connaître leurs problèmes afin d’apporter des solutions. Pour cela nous mettrons en place un conseil de quartier ou un conseil de citoyens qui leur permettra justement de s’exprimer.

Cela reste quand même vague. Sur quel sujet, allez-vous solliciter les citoyens ?
Sur tous les sujets. Je crois qu’aujourd’hui au niveau des écoles, de l’habitat, de l’emploi, de la santé, tout doit être traité de manière globale, concertée et non de manière individuelle. En revanche nous irons au plus près des citoyens en ayant des espaces de rencontres, de débats dans chaque quartier. On sait que le 2e arrondissement a été favorisé avec un développement économique qui a été fait. Nous allons essayer de rééquilibrer cette dynamique pour que chaque citoyen se sente concerné par le territoire.

Vous proposez d’instaurer un budget participatif pour les mairies de secteur. Vous dites que c’est important que les citoyens s’intéressent aux finances, mais n’est-ce pas très difficile lorsque l’on n’a jamais été sollicité sur le sujet ?
Ils apprendront. Nous nous inscrirons, à la mairie de secteur, dans une logique d’éducation populaire et nous entendons bien que des associations s’approprient ces questions et feront en sorte d’expliquer aux citoyens comment on gère une ville. Nous ferons en sorte de mettre autour de la table des acteurs économiques, sociaux, les simples citoyens autour d’une problématique pour y apporter des réponses.

Certains élus vont être fléchés pour la métropole, il en va de même pour les conseils de quartier ?
Pour la métropole, c’est encore autre chose, c’est 92 communes. La métropole, pour y être élue depuis 4 ans, c’est une instance qui se met en place doucement, doucement. Europe Écologie les Verts nous y avons réfléchi et, déjà, ce qui importe c’est qu’aucun territoire ne soit mis de côté, que l’on prenne en compte les spécificités de chacun et que l’on puisse répartir justement l’enveloppe budgétaire sur tous les territoires.

Entretien avec Nouriati Djambae, tête de liste Debout Marseille dans les 2/3

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Chahidati Soilihi tête de liste dans les 15/16 aux côtés de Sébastien Barles et Yannick Jadot (Photo Mireille Bianciotto)

Destimed : Chahidati Soilihi, vous avez été nommée tête de liste dans les 15/16 à Marseille, juste avant le dépôt des listes, le 27 février 2020, à la suite du départ de Lydia Frentzel. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Chahidati Soilihi : Je suis excitée et inquiète tout à la fois car il faut que je me donne à 100 % pour abattre le travail de plusieurs mois en 2 semaines mais, je suis très confiante.
Quels sont vos atouts ? Est-ce que vous habitez les 15/16, est-ce que vous avez eu un engagement associatif ?
Non, je n’habite pas dans les 15/16 mais j’ai vécu dans les quartiers Nord de Marseille, toute mon enfance. Une partie de ma famille y habite et j’y ai des amis. Je suis donc parfaitement sensibilisée à toutes les problématiques que connaissent les 15/16.

Vous êtes tête de liste d’Europe Écologie les Verts, il y a des priorités dans le programme, les finances de la ville avec un budget participatif, bien sûr des mesures tout à fait écologiques, des grands projets pour la rénovation des écoles, pour un logement pour tous, qu’est-ce qui vous attire, qu’est-ce que vous prenez à votre compte ?
Une des bases de mon engagement réside dans la lutte contre la pollution. J’ai deux enfants qui ont 6 et 10 ans, mon aîné a fait une crise d’asthme inopinée il y a quelques mois. Elle est due à toute cette pollution car il n’est pas asthmatique à la base. J’ai tellement eu peur que j’ai tout de suite quitté mon travail pour me rendre aux urgences, à l’hôpital. J’ai mesuré la gravité de la situation, la souffrance d’une population qui subit l’irresponsabilité de la ville, les croisiéristes. Je pense réellement qu’il faut faire attention, renforcer l’utilisation des transports en commun. Puis il y a l’éducation, c’est très important. On ne peut pas brader nos écoles, on ne peut pas laisser nos enfants dans le froid, avec des punaises de lit, sans agent territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem). Ce n’est plus possible, il en va de la santé mentale et physique de nos enfants.

Entretien avec Chahidati Soilihi, tête de liste Debout Marseille dans les 15/16

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Charlène Fleury, candidate de la société civile dans les 2/3 (Photo Mireille Bianciotto)

Destimed : Charlène Fleury, vous êtes candidate de la société civile sur une liste EELV pour Debout Marseille dans les 2/3. Vous dites représenter la génération des jeunes qui marchent pour le climat, c’est votre engagement de départ ?
Charlène Fleury : En fait, le tout début de mon engagement remonte à la démission de Nicolas Hulot. Nicolas Hulot a dit qu’il ne se sentait pas soutenu et pas seulement au sein du gouvernement mais aussi finalement par la société civile et cela a déclenché toutes les marches climat. En ce qui me concerne, je me suis demandé comment je pouvais être la plus utile, s’il fallait faire avancer des projets au niveau local, faire de la désobéissance civile, marcher, etc. Progressivement j’ai trouvé ma place dans le mouvement Alternatiba qui a toutes ces casquettes à la fois. Ce mouvement accomplit un travail de plaidoyer auprès des élus de la métropole via la campagne Alternatives Territoriales et, également, des actions de sensibilisation, de promotion des alternatives auprès du grand public et enfin parfois via la branche qui s’appelle ANV Cop 21, mène des actions non violentes "Cop 21 de la désobéissance civile".

Vous parlez d’un engagement politique auprès d’élus, de désobéissance civile, vous venez également de parler d’actions envers le grand public, vous pouvez préciser ?
Moi j’ai surtout travaillé sur le côté politique. Nous avons édité un livret de 300 propositions pour une métropole à la hauteur des enjeux climatiques. Cela s’est fait dans le cadre de l’élaboration du Plan Climat de la Métropole Aix-Marseille-Provence donc PCAEM, Plan Climat Air Énergie Métropolitain et ce plan, bien que non contraignant, est obligatoire pour toutes les intercommunalités de plus de 20 000 habitants. Donc toutes les intercommunalités ont dû plancher sur le sujet en faisant des concertations auxquelles nous avons participé. Un travail a été réalisé sur les transports, l’agriculture, l’alimentation, l’énergie, l’industrie, le tourisme...

Et il y a déjà par exemple des fournisseurs d’électricité et de gaz verts...?
Oui, tout à fait, une branche d’Alernatiba s’occupe de montrer ces alternatives au grand public, elle les promeut mais il faut aussi que ces choix soient impulsés par nos politiques. Il est très important que, par exemple, les intercommunalités ou les municipalités elles fassent aussi le choix de ces fournisseurs-là pour aider à structurer les filières. Par exemple Sébastien Barles parle des cantines scolaires. Si on veut avoir 100 % de bio dans les cantines scolaires à la fin du mandat il faut absolument commencer par structurer la filière et donc aller aider les producteurs locaux à faire du bio.

Et qu’est-ce que vous pensez de la désobéissance civile de groupes comme Extinction Rébellion ?
On fait un peu la même chose après nous on n’a pas tout à fait le même mode opératoire. Souvent on travaille par campagne, par exemple, sur l’évasion fiscale il y a eu cette grande campagne des faucheurs de chaise. L’idée était de réquisitionner des chaises dans des banques pour dénoncer l’évasion fiscale de ces banques. L’année dernière on a lancé la campagne « Décrochons Macron » où on décrochait des portraits d’Emmanuel Macron dans les mairies afin de mettre en évidence le vide de sa politique climatique. Nous conduisons donc plutôt sur des actions de type symbolique mais qui ont toujours une cible bien précise et un plaidoyer bien précis. Chez Extinction Rébellion, ils ont également des actions symboliques mais avec une dimension plus systémique, ils vont vraiment dénoncer l’ensemble de la fuite en avant et de la destruction du vivant à laquelle on assiste mais moi je fais partie de cette mouvance-là et même si je suis élue, je continuerai à faire de la désobéissance civile.

Alors quel est votre engagement politique dans cette liste Debout Marseille ?
J’ai pu rejoindre la liste en tant que membre de la société civile. Je n’ai pas eu à m’encarter, ce qui m’a rassurée, parce que je ne souhaitais pas nécessairement m’engager tout de suite dans un parti, ce que je ne ferais peut-être jamais.

Dans les marches de climat des jeunes, on entend beaucoup de slogans féministes, on entend beaucoup des adresses aux hommes pour qu’ils aient une autre relation avec les femmes, qu’est-ce que vous en pensez ?
Oui effectivement je pense que c’est très lié, le problème systémique de la prédation de l’humain sur le vivant, de la prédation des ressources naturelles est aussi à l’origine de la prédation de l’Homme sur l’Homme et de l’Homme sur la Femme, et de l’Homme sur toutes les minorités possibles. Face à cela l’écoféminisme se développe. C’est révélateur du fait que les femmes ou les minorités s’aperçoivent que, finalement, il y a quelque chose qui cloche. On nous a vendu ce modèle de société comme tout à fait "normal" alors que tel n’est pas le cas. Nous avons le droit de ne pas y adhérer et celui d’en créer un nouveau. Nous avons le droit de nous réapproprier le futur.

Entretien avec Charlène Fleury candidate de la société civile dans les 2/3

Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO

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