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Musique Classique, Interview de Lawrence Foster : « l’orchestre philharmonique de Marseille est au niveau des meilleurs »

lundi 5 mai 2014

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Lawrence Foster attaque sa troisième saison à la tête de l’orchestre de l’Opéra de Marseille avec un voyage en Allemagne et en Chine (Photo Marc Ginot)

Lawrence Foster, il y a deux ans, a été choisi comme directeur musical de l’orchestre de l’Opéra de Marseille. Le chef américain n’a pas cessé, depuis, de faire progresser un ensemble de musiciens qui l’apprécient.
Il est aussi le meilleur défenseur de cet orchestre dont on a répandu ces dernières années, à tort, la rumeur, qu’il était fantasque, peu travailleur, trop « méditerranéen » dans sa façon de faire. Lawrence Foster, qui n’est pas habitué à mâcher ses mots envers les professionnels qui ne donnent pas le meilleur d’eux-mêmes, veut aujourd’hui rétablir la réalité qu’il estime être objective. Il n’est pas peu fier d’exporter, enfin, la qualité de cet orchestre hors les frontières, au cours d’une tournée estivale de prestige qui le mènera en Allemagne et en Chine.

Destimed -Comment a été mise sur pied cette tournée estivale ?
Lawrence Foster -Quand j’ai réalisé le potentiel de l’orchestre j’ai été fâché qu’il soit sous-estimé en France. Il est, à mon avis, au niveau de beaucoup de grandes formations. Lorsque j’ai vu que de nombreux orchestres français se produisaient à l’étranger, je n’ai pas compris que celui de Marseille n’en fasse pas de même. J’ai donc proposé un concert à la directrice du festival de Bad Kissingen, une station thermale réputée de Bavière. C’est l’un des festivals de musique classique les plus populaires et réputés d’Allemagne. Et l’organisation m’a proposé non pas un, mais deux concerts, les 6 et 9 juillet prochains. Des concerts avec de nombreux solistes choisis par la direction du festival. J’ai accepté car les programmes sont d’une belle richesse et permettront à l’orchestre de briller. Mais j’aurais aimé pouvoir donner une grande œuvre orchestrale. Si ça marche cet été, je pense que nous pourrons le faire au cours d’une prochaine édition.

Et après l’Allemagne, cap sur la Chine. Une prestigieuse destination pour l’orchestre de Marseille, non ?
C’est certain. Et j’en suis très heureux. En fait, j’ai la chance d’être connu en Chine ; j’ai fait savoir, à l’occasion d’un déplacement là-bas, que j’aimerais venir jouer avec l’Orchestre de Marseille. Puis les choses se sont enchaînées… Nous avons été programmés à cinq reprises, entre le 12 et le 18 juillet, pour de prestigieux concerts donnés dans le cadre de la commémoration du 50ème anniversaire des relations diplomatiques entre la République française et la République populaire de Chine. Et comme Marseille et Shanghai sont villes jumelles, ça a facilité les choses. Nous effectuerons cette tournée en compagnie de la mezzo-soprano Jennifer Holloway pour quatre concerts avec un programme très français puisque Fauré, Saint-Saëns, Gounod, Massenet, Offenbach et Bizet en font partie. Nous aurons la chance de jouer à Jinan, dans une salle de 1476 places, le 12 juillet, à Shanghai, le lendemain, dans une salle de 1953 places, à Guangzhou, au Xinghai concert hall qui offre 1518 sièges, le 16 juillet et le 18 juillet au concert hall de Pékin qui possède 2019 places. Ce dernier concert sera retransmis en direct sur écrans géants sur la place Tian’anmen. Le 15 juillet, nos hôtes nous ont demandé de nous produire à Shenzhen pour accompagner un jeune pianiste chinois, Fang Yuan, dans le concerto n°4 de Beethoven. C’est la première fois, à ma connaissance, qu’un orchestre français joue en tournée dans cinq villes différentes de Chine.

Comment analysez-vous l’évolution de l’orchestre ?
D’abord il a une réelle volonté de travailler. Il est devenu très sensible, beaucoup plus homogène et s’intéresse aux subtilités musicales. Je sens chez les musiciens une demande de travail en profondeur. Nous avons franchi un cap dans ce domaine en préparant la 9ème symphonie de Beethoven, donnée il y a quelques semaines au Silo.
Il faut jouer Beethoven. Plus que tout autre, ses partitions permettent de développer un vrai poids rythmique. Puis cet orchestre aspire à avoir sa sonorité propre. Je sens de belles choses, surtout chez les cordes. Nous travaillons beaucoup les coups d’archets, les doigtés, les sonorités de façon individuelle. Et ça porte ses fruits.

Et les recrutements de ces derniers mois ?
C’est une bonne question. Nous avons effectué des recrutements de musiciens exceptionnels. Mais ce qui est important, c’est que pour des postes de violoniste ou de flûtiste, il y a près de 100 candidatures.
C’est symbolique. Aujourd’hui les jeunes instrumentistes pensent qu’on peut intégrer l’orchestre de Marseille et que c’est une bonne chose pour sa carrière et pour l’avenir. Un mot, aussi, pour dire combien est excellent notre premier violon super-soliste Da-Min Kim. Il sera soliste d’un concert cette saison en compagnie de notre clarinettiste Alain Geng. Je désire que nos premiers soient mis en valeur dans les programmes et Magali Demesse, notre altiste, le sera le 10 janvier 2015.

Ce sera au cours d’une soirée particulière ?
Oui, ce sera pour la soirée spéciale du 50e anniversaire de l’orchestre philharmonique de Marseille. Une soirée au cours de laquelle trois chefs seront à la baguette : Pinchas Steinberg, Michael Schonwandt et moi-même. Cette soirée sera retransmise sur France Musique. Je pense que nous avons une belle saison de concerts qui devrait satisfaire les mélomanes*. Je tiens à signaler, pour terminer, que de plus en plus de femmes viennent diriger l’orchestre . C’est une bonne chose car elles apportent beaucoup de leur personnalité et de leur sensibilité.

Propos recueillis par Michel EGEA


La saison des concerts

- Le 20 septembre, à 20 heures, au Silo. Lawrence Foster, direction musicale, Arabella Steinbacher, violon (Mantovani, Tchaïkovski, Dvorak).
- Le 17 octobre, à 20 heures, à l’Opéra. Li Biao, direction musicale et percussions (Bizet-Shchedrin, Rosauro, Falla).
- Le 22 novembre, à 20 heures, au Silo. Karen Kamensek, direction musicale, Da-Min Kim, violon, Alain Geng, clarinette (Willi, Milhaud, Brahms).
- Le 5 décembre, à 20 heures, à l’auditorium du Pharo. Yaron Traub, direction musicale, Alexander Knyazev, violoncelle (Kodaly, Chostakovitch, Beethoven).
- Le 3 janvier, à 16 heures, à l’Opéra. Concert du Nouvel an (5 euros la place). Roberto Rizzi Brignoli, direction musicale.
- Le 10 janvier, à 20 heures, à l’Opéra. Pinchas Steinberg, Michael Schonwandt, Lawrence Foster, direction musicale, Magali Demesse, alto (Berlioz, Tomasi, Debussy, Bizet, Enesco).
- Le 15 janvier, à 20 heures, à l’Opéra. Pinchas Steinberg, direction musicale, Andreï Korobeinikov, piano (Borodine, Rachmaninov, Bartok).
- Le 6 février, à 20 heures, à l’Opéra. Simone Young, direction musicale, Jean-Efflam Bavouzet, piano (Liszt, Bruckner).
- Le 13 février, à 20 heures, à l’Opéra. Luciano Acocella, direction musicale, Patrizia Ciofi, soprano, Clémentine Margaine, mezzo (Bellini, Donizetti).
- Le 27 mars, à 20 heures, au Silo. Lawrence Foster, direction musicale, Boris Berezovsky, piano (Tchaïkovski, Copland, Neikrug, Gershwin).
- Le 13 mai, à 20 h 30, à l’église Saint-Michel. Michel Piquemal, direction musicale (Requiem de Mozart).

Pratique
Renseignements et réservations par téléphone au 04 91 55 11 10 ou au 04 91 55 20 43.
Opéra de Marseille, 2, rue Molière, Marseille (1er).

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