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Ofer Bronchtein, co-fondateur du Forum international pour la Paix : « Je suis optimiste concernant une résolution pacifique du conflit israélo-palestinien »

dimanche 26 janvier 2014

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Ofer Bronchtein, co-fondateur du Forum international pour la Paix, ancien collaborateur d’Itzhak Rabin (Photo D.R.)

Le Forum International pour la Paix, dispose dorénavant d’un bureau Marseille-Paca. Pour l’occasion Ofer Bronchtein, Israélien, ancien collaborateur d’Itzhak Rabin, a donné une conférence à Marseille ce 20 janvier. Il est le co-fondateur, en 2002, avec Anis El Qaq, représentant de l’Autorité Palestinienne en Suisse, du Forum International pour la Paix. Gilbert Benhayoun, le président du groupe d’Aix*, participait à cette réunion, où, loin du pessimisme ambiant, c’est l’optimisme qui était à l’ordre du jour concernant un règlement pacifique du conflit israélo-palestinien.
Ofer Bronchtein explique être heureux de se retrouver au côté de Gilbert Benhayoun : "Car j’apprécie le travail extraordinaire du groupe d’Aix". Puis d’indiquer : "Concernant une résolution pacifique du conflit israélo-palestinien, je suis optimiste... D’abord parce que c’est pathologique chez moi et puis parce que le conflit israélo-palestinien, qui sert aux extrémistes de tout bord, doit s’arrêter. Parce qu’il n’y a plus rien à inventer : soit on ferme les frontières, soit la Palestine devient un État et Jérusalem est la capitale des deux pays".

"Une alliance non dite entre Israël et les pays sunnites "

Pour Ofer Bronchtein il est évident que la Palestine va être reconnue à l’ONU "surtout si Israël continue à ne pas écouter les États-Unis. En ce qui concerne l’Iran, "les accords de Genève commencent à être appliqués. Sans être naïf, je pense que le nouveau Président iranien est sincère, que le boycott a été efficace, et qu’il a compris que son peuple était fatigué". Dans le même temps, poursuit-il : "On ne peut que constater que les guerres les plus dures, en Irak, en Syrie, opposent les Chiites aux Sunnites. Ce qui implique que nous avons aujourd’hui une alliance non dite entre Israël et les pays sunnites. Et c’est là une opportunité pour les Israéliens et les Palestiniens car, en cas d’accord, ils auront le soutien de la Ligue Arabe". Dans ce contexte il faut donc être très attentif aux voyages effectués ces dernières semaines par Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahu dans la région. "Le premier s’est rendu en Égypte. Le nouveau contexte politique dans ce pays le renforce dans le même temps qu’il affaiblit le Hamas".
De même il voit dans la réunion du comité al Qods qui vient de se dérouler à Marrakech un signe positif. "Selon moi, cela veut dire que les pays arabes ne s’opposeront pas à un accord israélo-palestinien sur Jérusalem". De son côté, Benjamin Netanyahu est allé en Jordanie où il a rencontré le Roi Abdallah II. "Il faut en effet savoir que les Jordaniens sont les premiers concernés par un accord israélo/palestinien car le régime est toujours inquiet de voir la Palestine se développer et absorber la Jordanie. Et l’un des éléments qui bloque dans les négociations c’est la sécurité à la frontière israélo/palestinienne. Si les Palestiniens sont d’accord pour un État démilitarisé, ils ne veulent pas qu’une frontière soit gardée par Israël. alors il est possible que ce soit une force internationale qui est la charge de garder cette frontière".

« Il y a, à mon avis, un accord tacite sur les frontières »

Ofer Bromstein indique : "Voilà trois semaines j’ai rencontré le Président Abbas et le ministre des Affaires étrangères israélien Avigdor Lieberman. Ce dernier a mis énormément d’eau dans son vin, ces dernières semaines, puisqu’il a affirmé que les propositions américaines n’étaient pas loin de celles que pourraient accepter Israël ". Il poursuit : " Il y a, à mon avis, un accord tacite sur les frontières. 80% des colonies feront partie d’Israël, des territoires étant échangés".
Expliquant immédiatement : "Si Netanyahu donne son accord pour des constructions, ce n’est que pour des raisons de politique intérieure. Mais il faut savoir que 90% des annonces reste à l’état d’annonce. Et, ensuite, si on construit, ce sera dans le bloc des colonies qui restera à Israël. Ce qui est dramatique c’est lorsque l’on construit en dehors de ces secteurs. Tout ce qui reste à espérer c’est qu’avec la Paix ces bâtiments seront remis aux Palestiniens ".
Concernant les réfugiés, Ofer Bromstein avance : " Là aussi un fait positif est à noter : la Ligue arabe ne veut rien imposer".
Gilbert Benhayoun, le président du Groupe d’Aix, rappelle qu’en 1946, "les Nations Unies ont considéré que le statut de réfugiés était héréditaire. Cela ne s’est jamais vu et, de ce fait, les réfugiés qui étaient 720 000 au départ sont aujourd’hui 5 millions. Lorsque les négociations ont eu lieu en 2000 avec Clinton, le groupe d’Aix a proposé que les réfugiés palestiniens aient la possibilité de classer cinq possibilités : rester là où ils sont ; aller dans un pays tiers : Australie, États-Unis, Canada... ; aller dans les territoires échangés ; aller dans le futur État palestinien ; aller en Israël  ».

"Les mentalités évoluent"

Ofer Bromstein reprend : "Oui, l’espoir est permis de voir la Paix arriver. Et l’Europe est redevenu un acteur central de la région en soutenant la politique américaine. Et, en menant une politique de la carotte et du bâton que les Israéliens et notamment le monde économique prennent très au sérieux. Tout comme l’autorité palestinienne prend en compte les potentialités offertes, comme les menaces, que fait peser l’autorité européenne". Gilbert Benhayoun d’ajouter :" Il y a une évolution des mentalités symbolisée par l’intervention de trois intellectuels égyptiens pour lesquels : « il faut en finir avec la diabolisation des Juifs qui va jusqu’à tronquer le Coran des passages qui disent du bien des juifs »".

Michel CAIRE

*Le groupe d’Aix, présidé par Gilbert Benhayoun comprend des économistes palestiniens, israéliens et internationaux, des universitaires, des experts et des politiques. Son premier document, en 2004, proposait une feuille de route économique, depuis de nombreux documents ont été réalisés, sur toutes les grandes questions, notamment le statut de Jérusalem ou le dossier des réfugiés, chaque fois des réponses sont apportées.

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