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Plan de relance. AMU obtient 61,2 M€ pour financer 10 projets de rénovation énergétique

lundi 8 février 2021

Dans le cadre de l’appel à projets du Plan de relance dédié à la rénovation énergétique des bâtiments publics de l’Enseignement supérieur et la recherche (ESR) et de la vie étudiante (montant total de 1,316 milliard d’euros), 700 M€ ont été attribués aux universités. Les résultats dévoilés mi-décembre par le Gouvernement ont été une bonne nouvelle pour Aix-Marseille université (AMU) qui s’est vue attribuer 61,2 M€ pour financer 10 des projets qu’elle avait déposés. Parmi les projets financés, celui de la réhabilitation énergétique du bâtiment de la faculté de pharmacie, sur le campus Timone, est le gros projet de rénovation financé en France (27, 7M€).

Eric Berton, Président d’AMU, Damien Verhaeghe, Directeur de cabinet du Président et vice-président Richesse humaine et Patrimoine d’AMU, Françoise Dignat George, Doyen de la faculté de pharmacie et vice-présidente déléguée à l’innovation d’AMU et Philippe Dulbecco, Recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation de la région académique Provence-Alpes-Côte d’Azur ont présenté les différents projets en cours et les objectifs du plan de relance.
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Eric Berton, président d’AMU est entouré de Philippe Dulbecco, Françoise Dignat-George et de Damien Verhaege (Photo Mireille Bianciotto)

Engagée dans une démarche affirmée de transition énergétique

Ils n’ont pas manqué de rappeler, en premier lieu, qu’Aix-Marseille université est engagée dans une démarche affirmée de transition énergétique. La vice-présidence « développement durable » et la direction du développement durable permettent d’élaborer, d’animer et d’évaluer la stratégie en la matière en y associant l’ensemble des parties prenantes. L’objectif que s’est fixé AMU est de réduire de 60 % sa consommation énergétique d’ici 2050. Pour ce faire, 3 leviers de transition énergétique sont actionnés : réduction de la consommation d’énergie par la sobriété, amélioration de l’efficacité énergétique et production d’énergies renouvelables. Les actions immobilières viseront toutes à jouer sur au moins un de ces leviers d’action.

Le président Eric Berton se félicite de l’équipe remarquable qui est autour de lui. Remercie la ministre Frédérique Vidal de « s’être battue pour nous ». Souligne qu’il est important pour l’AMU d’avoir une politique de transition énergétique, sur le long terme. Explique cette « récompense » de 61 millions par une anticipation : « Les projets présentés étaient déjà travaillés ».


« AMU a bénéficié de la plus forte dotation »

Entretien avec Philippe Dulbecco, Recteur pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation au niveau de la Région Provence Alpes Côte d’Azur.

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Philippe Dulbecco, Recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation (Photo Mireille Bianciotto)

Destimed : Vous présentez ces 61 millions d’euros, comme un ensemble de premières. Qu’est-ce que vous entendez par « premières » ?
Philippe Dulbecco : Il y a 70 Universités, en France, et AMU a bénéficié de la plus forte dotation. Et, il bénéficie aussi de l’opération qui, en France, aura le plus fort financement (la réhabilitation énergétique du bâtiment de la faculté de pharmacie NDLR). Une fois que l’on a dit cela on n’a pas dit grand-chose. Le plus important, c’est de dire pourquoi l’État a envoyé ce signal fort, ce signal de confiance à AMU ? D’abord parce que les projets étaient excellents, ce sont des projets qui vont permettre d’amélioreR demain les conditions d’étude des étudiants, les conditions de travail du personnel. Donc des projets, qui, dans leur contenu, ont été qualifiés d’extrêmement ambitieux et de porteurs. Ensuite, AMU a montré sa capacité à faire vraiment ce qu’il dit faire, c’est à dire que, dans son choix le jury a tenu compte de la capacité de l’établissement a véritablement réalisé les projets pour lesquels il demandait un financement.

Est-ce que le fait que ces projets étaient déjà dans les actions d’AMU, qu’ils ont déjà été travaillés, a joué sur cette faisabilité ?
Je crois qu’il y a 3 facteurs qui ont joué, le premier c’est celui de l’anticipation, comme vous dites, c’est très important, en amont, d’avoir des projets que l’on fait remonter au moment opportun, ce qui a été le cas. Le deuxième élément, c’est la qualité des projets. Car on peut avoir de nombreux projets en amont qui ne sont pas tous excellents et s’ils ne sont pas excellents, ils ne sont pas retenus. Le troisième point, pour moi important, réside dans le fait que tous les acteurs jouent la même partition. A partir de ce moment là on finit par avoir un résultat vraiment exceptionnel. Les acteurs, c’est évidemment, la gouvernance d’AMU, les acteurs de terrain, ceux qui ont monté les dossiers, les chevilles ouvrières. Les collectivités territoriales ont abondé dans le même sens, en qualifiant également ses dossiers prioritaires et en portant les dossiers. Et puis c’est votre serviteur qui, également, a essayé de jouer tout son rôle, pour défendre, au niveau régional, puis au niveau national, l’ensemble des projets portés par AMU.

Vous dites que les projets d’AMU ont été choisis parce qu’ils semblaient pouvoir être réalisés, comment ?
Ils doivent tous être réalisés dans un délai de 2 à 3 ans, maximum, donc réalisés, tout de suite. Le Plan de relance est un formidable outil. Il sert, à la fois, à préparer la France de demain, tout en engageant des montants importants pour relancer l’économie aujourd’hui et donc, on va tenir les 2 bouts du dispositif.

« Les entreprises sont prêtes »

Est-ce que vous allez trouver des entreprises prêtes à travailler. On sait, parfois, les retards de chantier ?
Les entreprises sont prêtes, c’est une discussion que j’ai eue, ces dernières heures, avec le sous-préfet chargé de la relance en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il y a aujourd’hui, toute une série de procédures et de types de contrat, qui permettent de cranter, dès le départ, l’ensemble de l’opération, contrat de performance en particulier. Je pense qu’AMU va sans doute recourir à ce type de modalité contractuelle de manière à accélérer le rythme des opérations. Le prestataire s’engage à délivrer un résultat, avec une performance et avec un calendrier.

Vous indiquez qu’AMU a travaillé avec des collectivités locales, notamment, la Région, avec le Contrat de plan État-région (CPER). Comment cela fonctionne ?
Ce que nous avons fait avec succès c’est, au regard de l’ensemble des priorités bâtimentaires d’AMU, d’essayer d’articuler les différents types de financements, sur différentes phases. On est partis des projets et des besoins d’AMU, mais on peut aussi évoquer ceux du Crous. On a essayé de voir quel type de financements on pouvait mobiliser pour chacun des projets de manière à les réaliser tous. Et là réside l’articulation entre l’appel à projets de rénovation énergétique qui nous occupe aujourd’hui et qui court sur deux ans et le futur Contrat de plan État-région qui, lui, va courir sur 5 années.

14 millions d’euros pour le Crous

Vous venez d’évoquer le Crous. On assiste aujourd’hui à une grande détresse des étudiants, et on sait notamment qu’il manque des places en Cité Universitaire. Est-ce que quelque chose est prévu pour la vie des étudiants ?
Oui, deux éléments de réponse, le premier, dans le cadre de cet appel à projets qui nous réunit aujourd’hui, le Crous Aix-Marseille a été lauréat de 14M€. C’est parmi les Crous de France celui qui a pu mobiliser la somme la plus élevée, sur des opérations de rénovation de bâtiments, qui sont importantes. Par exemple, la rénovation de la Cité des Douanes, à Marseille. Par ailleurs, le Contrat de plan État-région, sur lequel nous sommes en train de travailler, le 1er comité de programmation qui se tiendra dans les prochains jours sera exclusivement consacré aux projets du Crous, en termes de construction de nouveaux bâtiments, nouvelles chambres, nouveaux studios, et en termes de rénovation des bâtiments. C’est vraiment la priorité, aujourd’hui, du gouvernement, de l’État et de la Région.

« Une coordination des acteurs assez exemplaire »

Dans les 2, 3 ou 5 ans à venir, y aura-t-il assez de chambres pour les étudiants ?
L’objectif est de combler, petit à petit, une situation pour laquelle la Région - Nice encore plus que Marseille- est cruellement déficitaire en nombre de logements étudiants, gérés par le Crous. Notre objectif serait d’accroître le nombre de logements universitaires de 15%, ce qui est élevé.

Est-ce que, au niveau local, vous avez du soutien ?
J’ai trouvé, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et, ici, à Marseille, une coordination des acteurs assez exemplaire, sur le sujet qui nous occupe. Nous avons signé un courrier commun, le président Muselier et moi-même, en appui de l’ensemble des opérations, sans qu’il y ait eu la moindre différence d’appréciation sur ce qu’il fallait faire, les projets à défendre et à engager.

Vous vous êtes comparé au Maillot jaune, vous qui êtes cycliste. Le Maillot jaune a-t-il vraiment une équipe ?
C’est l’équipe Provence-Alpes-Côte d’Azur, avec un beau maillot jaune qui est l’AMU.

Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO


Entretien avec Françoise Dignat-George, Doyen de la Faculté de pharmacie et vice-présidente à l’Innovation qui se présente d’abord, comme professeur des Universités, responsable d’un service d’Hématologie à l’hôpital de la Conception et d’une Unité de recherche sur les maladies cardio-vasculaires à la Faculté de Pharmacie.

Destimed : L’AMU a décroché quelque 61M€ sur appel d’offres dans le cadre du Plan national de relance. Quel montant a été attribué à la Faculté de Pharmacie et pour quel emploi ?
Françoise Dignat George : 27,7 millions d’euros qui vont permettre de une rénovation bâtimentaire énergétique, (…) On va rénover l’enveloppe, la coque externe de la Faculté, remplacer les systèmes de chauffage actuels par d’autres complètement aux normes et enfin on va intégrer des dispositifs de création d’énergie, par du photovoltaïque.

Quand on parle de faculté de pharmacie on pense formation de pharmaciens, pharmacie... mais qu’en est-il précisément ?
La pharmacie ne conduit pas qu’au métier de pharmacien d’officine. On a toute l’industrie pharmaceutique. Le pharmacien est dans les hôpitaux, les laboratoires de biologie médicale, les pharmacies hospitalières, également dans les métiers de l’environnement, de la nutrition, donc on a une multitude de métiers, c’est pour cela que nous avons un nombre important d’étudiants, qui sont formés, tous les ans, dans ces différents métiers.

« un diplôme qui permet tout de suite d’avoir une insertion professionnelle »

On voit malheureusement, des étudiants doctorants ne pas trouver un emploi, après leurs études. Est-ce que les différentes formations, prodiguées au sein de la faculté de pharmacie, facilite un accès à un premier emploi ?
Vous avez tout à fait raison parce que l’avantage de nos études c’est que, non seulement, elles mènent à un diplôme qui permet tout de suite d’avoir une insertion professionnelle dans les métiers que je vous ai indiqués précédemment mais, ceux qui font en plus une thèse de science, ont un double diplôme. Ils sont très recherchés dans l’industrie pharmaceutique, dans les métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche, donc, c’est vrai que nos études sont professionnalisantes et aujourd’hui, très très prisées.

Vous soulignez qu’avec cette rénovation énergétique vous allez dans le sens de la politique de transition énergétique du gouvernement... De quelle manière ?
Il faut acculturer notre société et c’est le rôle d’une faculté que d’acculturer à tout ce qui est l’écocitoyenneté et le développement durable....

« plus on va miser sur la jeunesse, plus cette sensibilisation sera effective »

A l’Université, il y a la formation initiale, la formation continue et le public. Pensez-vous que toutes ces personnes peuvent être sensibilisées à la lutte contre le réchauffement climatique ?
Je pense que oui, c’est un travail long et permanent de sensibilisation. Vous savez, enseigner, c’est répéter. Et plus on va miser sur la jeunesse, plus cette sensibilisation sera effective. Par ailleurs, je suis une scientifique et j’ai reçu un prix quand j’étais assez jeune, par un ténor de la recherche, qui m’a dit, tu sais aujourd’hui, les maladies on a fini par toutes les vaincre, le cancer, le diabète, en revanche, le prochain risque pour la jeunesse, c’est le risque environnemental sur la santé. J’avais 25 ans, cela m’a beaucoup marquée.

Vous proposez d’ailleurs un Master...
Prévention des risques environnementaux et nuisances technologiques (PRNT) qui existe depuis 20 ans. Vingt ans que nous sommes immergés dans ces préoccupations. Le parcours PRNT, Risques Professionnels & Industriels de ce Master a pour but de former des spécialistes de l’évaluation de la gestion et de la maîtrise des risques et nuisances technologiques pour la protection et la préservation de la santé de l’homme et de son environnement.

Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO

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