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Présidentielle. Un second tour pour ne pas ’RNier’ les valeurs de la République

lundi 11 avril 2022

Emmanuel Macron et Marine Le Pen se retrouvent au second tour de la présidentielle, comme il y a cinq ans. Mais attention, si les personnages sont les mêmes, le décor lui a changé, la crise démocratique ne cesse d’empirer, et la mobilisation pour faire barrage à l’extrême-droite s’impose plus que jamais.

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Emmanuel Macron ©Destimed

Les résultats sont là et c’est un temps déraisonnable où l’on met Marine Le Pen, une deuxième fois, à table pour le second tour de la présidentielle. C’est un temps tellement déraisonnable qu’Emmanuel Macron est suivi par trois candidats populistes puisque, outre Marine Le Pen on retrouve derrière lui Jean-Luc Mélenchon, Rassemblement Populaire et Eric Zemmour (Reconquête). Et, le plus inquiétant c’est que l’on annonce que c’est gagné pour Emmanuel Macron au second tour. Attention, si la victoire est plus que possible, le score risque d’être bien plus serré que l’on ne l’imagine. Et, surtout, au delà de la présidentielle et sans doute des législatives, notre démocratie est malade. Il importe de s’en rendre compte. 12 candidats étaient sur la ligne de départ, bien peu de pays peuvent se vanter d’une telle diversité mais il est des Français pour dire ne pas avoir été représentés, et il en est encore à renvoyer dos à dos Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Pendant ce temps l’électorat RN savoure, appelle à l’union des voix de la droite républicaine et des "Patriotes", avançant qu’on les retrouve aussi bien chez Zemmour que chez Mélenchon. Là où son père était désespéré d’être au second tour Marine Le Pen, souriante, est à l’offensive, appelle à un grand rassemblement social et populaire qui n’est autre, entendons nous bien, au sens premier du terme, qu’un national socialisme.

Une Marine Le Pen qui pourra dire un grand merci à Eric Zemmour qui l’a dédiabolisée, qui lui a retiré quelques épines du pied au premier rang desquels sa nièce, Marion Maréchal Le Pen. Comment ne pas noter à ce propos l’émergence sur la scène médiatique d’un véritable serial killer politique : Eric Ciotti qui, en une campagne a contribué à faire s’effondrer LR en ne cachant pas sa sensibilité proche de celle d’Eric Zemmour qui ne s’en est pas porté mieux... Eric Ciotti poursuit dans sa voie en annonçant qu’il ne voterait pas Macron.

Pour le Rassemblement Populaire, Jean-Luc Mélenchon dira une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, d’un ton finalement badin : « Vous ne devez pas donner une voix à Marine Le Pen ». Lui qui, à Marseille, laissait germer une graine laissant entendre que Marine Le Pen et Emmanuel Macron c’était bonnet blanc et blanc bonnet sur le plan social. Mais il est vrai que son enjeu est ailleurs. Digne de Star Wars il lance, en prévision des futures échéances électorales : « Ici est la force, nous avons une stratégie, un programme ». De là à se prendre pour le petit père de la gauche... Un petit père qui n’appelle toujours pas à faire barrage au RN. Pendant ce temps Eric Zemmour appelle lui à voter Marine Le Pen tout en annonçant qu’il va poursuivre son action politique : « Tant que la France ne sera pas reconquise ». Eric Dupont-Aignan appelle, pour sa part, dans la "droite" ligne de la précédente présidentielle, à faire barrage à Emmanuel Macron.

Cette campagne révèle aussi l’effondrement de la droite républicaine et du PS, et malgré une bonne campagne le communiste Fabien Roussel n’a pas su traduire en voix un capital sympathie qui s’était exprimé pendant la campagne. Yannick Jadot ne s’en sort guère moins mal. Après des années d’errements droite républicaine et gauche doivent se refonder.

Et Emmanuel Macron dans tout cela ? Après une campagne chaotique du fait, notamment, de la guerre en Ukraine, sa position dans ce conflit en tant que Président non seulement de la France mais aussi de l’Europe et le "quoi qu’il en coûte" ont finalement pesé, le portant à près de 28% des voix au premier tour. Mais, une attitude, un bilan, ne font pas une élection. Et, dimanche soir, comme cela avait été le cas lors de la précédente présidentielle, il s’est voulu porteur d’espoir contrairement aux trois candidats qui se placent derrière lui et qui s’appuient plus sur les peurs. Emmanuel Macron affirme mesurer l’ampleur de la crise démocratique et se dit prêt à « inventer quelque chose de nouveau », appelle à la mobilisation pour le second tour, plaide en faveur « d’une France indépendante parce que plus forte » et invite « au choix de l’espoir, le choix de la France et de l’Europe ensemble ».

Et puis comment imaginer une candidate d’extrême droite à la tête du pays ? Comment imaginer celle qui quelques jours auparavant était l’amie de Poutine l’emporter alors que le maître du Kremlin bombarde, tue, en Ukraine.
Michel CAIRE

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