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Régionales : Le Rassemblement écologique et social en campagne

mardi 25 mai 2021

Le Rassemblement écologique et social vient d’inaugurer ses locaux de campagne au 2, rue Friedland à Marseille (6e), ancien local du Printemps Marseillais lors des municipales. « Et ce n’est pas un hasard », précise sa tête de liste Jean-Laurent Félizia.

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Jean-Laurent Félizia au centre entouré de ses têtes de liste (Photo Mireille Bianciotto)
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Inauguration des locaux de campagne du Rassemblement écologique et social (Photo Mireille Bianciotto)

« C’est conscients que nous traversons des temps exceptionnels, que la gauche, les écologistes et les citoyens se sont unis au sein d’un rassemblement aussi inédit qu’historique », déclare Jean-Laurent Félizia, la tête de liste EELV du Rassemblement écologique et social qui se félicite de tout ce qu’il contient de valeurs, de richesses, de luttes, d’histoires et de promesses. Avant d’affirmer : « Nous sommes en train de semer la seule et véritable alternative politique aujourd’hui ».

Un devoir d’humanité s’impose à nous

L’alternative, explique-t-il : « C’est un projet qui anticipe des urgences climatiques, économiques et sociales au lieu de les subir. C’est un projet qui accompagne chacun.e d’entre vous au quotidien. C’est un projet co-construit avec les citoyen.ne.s qui, dans les moments de crise sanitaire, font preuve d’une admirable créativité et solidarité ». Il évoque alors l’avenir des jeunes, la protection de l’environnement, la création d’emplois non-délocalisables, les mobilités, la culture à la portée de tou.te.s, une gouvernance enfin partagée. « Nous construirons la Région accueillante pour toutes et tous. Car c’est ça, la Méditerranée, une terre d’accueil, hospitalière et ouverte. Une région pour celles et ceux qui vivent ici depuis des générations. Une région pour celles et ceux qui viennent au monde et veulent y vivre. Une région pour celles et ceux qui viennent d’ailleurs. Comment ne pas avoir une pensée pour celles et ceux, qui viennent faire naufrage sur nos côtes ou tomber de froid dans les Alpes.
Un devoir d’humanité s’impose à nous
 », insiste-t-il.

Je finirai ce marathon sur la première marche

Jean-Laurent Félizia aborde ensuite la question des services publics : « Là où la droite les a fait disparaître ou les a réduits, nous remettrons des services publics, que ce soit dans le domaine des transports, de la santé plus que jamais cruciaux comme nous l’avons constaté pendant la crise sanitaire ». Il se prononce également en faveur d’investissements forts « pour adapter nos infrastructures au changement climatique » ; pour les énergies renouvelables ; les transports en commun. Et enfin, ajoute-t-il : « Nous miserons sur nos jeunes grâce à des formations professionnelles adaptées, dans des secteurs innovants pour créer près de 100 000 emplois locaux et non délocalisables ». Il conclut son intervention : « C’est vrai, on me pose souvent la question, allez-vous finir deuxième ou troisième. Rien n’est jamais joué en politique. Je prends les paris aujourd’hui, je finirai ce marathon sur la première marche ».
Michel CAIRE


Entretien avec Jean-Laurent Félizia (EELV), tête de liste du Rassemblement écologique et social

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Jean-Laurent Félizia (EELV) tête de liste du Rassemblement écologique et social (Photo Mireille Bianciotto)

Vous venez d’inaugurer votre local de campagne. Pouvez-vous donner une bonne raison de voter pour cette liste qui a surpris par son large rassemblement ?
Une raison ? C’est la clarté et la cohérence. La clarté de ce que nous voulons faire et la cohérence qu’attendent les usagers, les habitantes et les habitants de cette région. Ils veulent plus de services publics, on va leur en donner, on va récréer ce maillage de services publics, que ce soit, les mobilités, les transports, la formation. Agir, aussi, au niveau du développement économique et, peut-être, apporter notre obole dans les collectivités locales qui voudraient, par exemple, devenir autonomes au niveau de l’énergie, pour pallier le déficit des dotations générales de l’État.

Envisagez-vous aussi une gestion de l’eau en régie publique ?
Nous n’avons pas cette capacité à la fois administrative et réglementaire mais, aider à un moment donné, pourquoi pas, dans des logistiques qui permettent aux municipalités ou des communautés de communes de reprendre la main, bien sûr.

Vous avez dit que tout le monde, finalement, était de la société civile, vous qui vous engagez mais aussi nous tous dans les associations, les collectifs...
Oui, c’est vrai, cela prouve, aujourd’hui, à quel point l’engagement dépasse le simple périmètre des partis politiques.

Comment est-ce que vous allez associer les citoyens parce que la Région est étendue. Finalement il n’y a pas tellement d’enjeux pour les gens alors que vous venez de dire que cela touche le quotidien ?
Regardez, ne serait-ce que si l’on respecte l’institution régionale et la représentation de ses territoires par les élus régionaux de chaque département, voilà déjà des références territoriales. Chaque élu peut, dans son territoire, sur sa collectivité ou alentours, avoir ce relais, depuis les territoires. Et puis, je vous rappelle, quand même, qu’il y a un Conseil économique, social, environnemental, régional (Ceser) remettons-le à sa juste valeur de complémentarité de l’institution politique des élus.

Vous avez aussi dit que vous vous engageriez pour une région accueillante notamment par rapport aux migrants qui meurent en mer ou qui meurent de froid dans les Alpes...
Oui, c’est vrai et je ne suis pas fier de cela. Je ne suis pas fier de voir ce grand bouleversement à la fois géopolitique, climatique, mettre une secousse partout, sur des territoires qui aujourd’hui sont précaires. Nous devons prendre notre part, nous devons le faire, notamment, au regard des règles internationales et des lois. Le droit d’asile, c’est quelque chose qu’il faut respecter et, il faut arrêter de stigmatiser ces gens. D’autres, dans nos familles respectives, ont connu les mêmes conditions de déplacements, de précarité, de misère, de guerre, donc, ayons au moins ce devoir de mémoire.

La région produit 10 % de sa consommation d’électricité. Qu’est-ce que vous comptez faire par rapport aux énergies renouvelables...?
Il faut les porter, je les porterai. Nous devons répondre à l’appel des collectivités locales, en édifiant des sociétés coopératives d’intérêt collectif ou en mettant des opérateurs plus au service des citoyens. On apportera notre soutien, à la fois, en logistique et en financement aux collectivités qui, souhaitent finalement, prendre l’énergie comme une ressource propre.

Il reste qu’un mois pour faire campagne dans une région qui est un vaste territoire...
Vous n’imaginez même pas l’énergie à la fois que je peux porter et celle que portent mes 123 candidates et candidats. Nous allons casser la baraque et nous allons renverser la table et créer la surprise en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO


« Entretien avec Xavier Garcia (PS), tête de liste dans les Alpes-Maritimes »

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Xavier Garcia, tête de liste dans les Alpes-Maritimes (Photo Mireille Bianciotto)

Jean-Laurent Felizia a insisté sur le fait de prévenir la région des grands risques naturels, notamment dans les Alpes-Maritimes
Oui, exactement, j’étais, il y a 2 jours à Breil-sur-Roya. Les dégâts sont encore très visibles et cela encore pour des années voire même des décennies. On a assisté également à la folie des constructions, des permis de construire, qui étaient sur les rivages de la Roya. On a vu un camping, un stade, totalement détruits, un hôtel, ouvert en deux. C’était extrêmement impressionnant. Donc, effectivement il y a une sanction de cette folie du bétonnage de la Côte d’Azur. Cela a été le cas à Cannes ainsi que dans les vallées où on a construit de façon inconsidérée, parfois. C’est tout un modèle qui est sanctionné.

Concernant le logement social ?
Il y a, à Nice, par exemple, 10% de logements sociaux et c’est d’ailleurs une commune où il y en a le plus. Il y a seulement 3 communes sur 163, dans les Alpes maritimes qui respectent la loi SRU, (25 % de logements sociaux). Donc on se retrouve avec un taux de pauvreté qui est de 20 % et un taux de logements sociaux qui est bien plus bas. Et cela met aussi une pression sur le logement privé. On a non seulement une paupérisation des classes les plus modestes, on a aussi aujourd’hui une paupérisation des classes moyennes qui ne peuvent plus accéder à la propriété dans les grandes villes du littoral. Il y a également une autre cause à la paupérisation de la classe moyenne, elle est provoquée par le modèle économique du sur-tourisme, avec un développement de l’aéroport à outrance et un manque de mixité de l’emploi, avec des jeunes qui doivent s’exiler.

Que peut faire la région dans ce cadre ?
La région est en charge de l’aménagement du territoire et de l’économie. Elle doit donc promouvoir des stratégies foncières pour le département des Alpes-Maritimes, où il est très difficile de trouver du foncier pour faire une industrie des énergies vertes comme sur l’opération d’intérêt national. L’économie touristique est utile mais, quand elle est seule elle est pourvoyeuse d’emplois précaires et de chômage qui appauvrissent. Le taux de pauvreté dans les Alpes-Maritimes est de 22 % alors que l’on a l’image d’un département riche .


Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO


Entretien avec Capucine Edou (GénérationS), tête de liste dans les Bouches-du-Rhône

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Capucine Edou, tête de liste dans les Bouches-du-Rhône (Photo Mireille Bianciotto)

Quels sont vos axes de campagne ?
Les Bouches-du-Rhône, c’est un département qui a une très grande diversité, sur lequel la question des services publics est centrale puisqu’il y a de fortes inégalités territoriales. Il y a un réel besoin que la région puisse investir, notamment dans les transports. On le voit les mobilités du quotidien sont extrêmement compliquées, les routes sont embouteillées et il manque aujourd’hui des transports pour aller au travail, pour aller étudier. C’est un des premiers axes, extrêmement important, d’investissement dans les TER, les transports en commun et y compris au niveau des tarifs, certains aujourd’hui peuvent être prohibitifs. Il faut par exemple remettre une carte à 15 € pour les jeunes, pour leur mobilité, cela fait partie des choses importantes.

Pourtant, la carte Zou a eu un gros succès
Elle a un succès parce qu’elle est indispensable, parce qu’elle permet aux uns et aux autres de pouvoir se déplacer, mais, aujourd’hui, surtout, dans une situation où la crise économique nous touche toutes et tous, il y a besoin d’aider pour pouvoir payer, à la fois, les transports, son logement, son alimentation, etc. Donc, cela fait partie des gestes forts que nous nous souhaitons faire, lorsque nous serons au conseil régional.

Vous avez un axe aussi de formation pour créer des métiers non délocalisables, des pistes ?
On est une région qui peut être exemplaire, par exemple, sur les métiers de la mer. Et aujourd’hui, il est incompréhensible que l’on ne déploie pas davantage ces métiers tournés vers le littoral, vers la mer. C’est un exemple mais il y a également, tout ce qui concerne les soins infirmiers et tous les métiers du social et du sanitaire qui, aujourd’hui, sont extrêmement importants et ont montré leur utilité pendant cette crise sanitaire cela fait partie des choses sur lesquelles nous allons investir massivement.

Pour les soins infirmiers, la région est responsable de la formation et des bâtiments, qui sont, parfois, en très mauvais état
Nous souhaitons une transition sociale et écologique dans cette région Paca. La transition écologique passe également par la réhabilitation des bâtiments, que ce soit des bâtiments publics, les lycées, tous les bâtiments que nous avons en charge en tant que conseil régional. Et, on en fera des exemples en termes de rénovation thermique... On fera en sorte qu’ils permettent d’avoir une réelle durabilité écologique, pour ceux qui y seront.

Est-ce qu’il va y avoir des actions en faveur d’une parité entre hommes et femmes ?
La question de l’égalité entre les femmes et les hommes, la prise en compte des femmes dans l’ensemble des politiques publiques est un sujet extrêmement transversal. Si je suis élue cela en fera partie...

On sait que pendant cette crise sanitaire les jeunes, les étudiants ont beaucoup souffert, est-ce que vous avez des mesures pour cette période, pour la reprise, pour le retour à une vie plus normale ?
L’ensemble des politiques publiques peuvent être regardées selon le prisme de la jeunesse, par exemple la mise en place de logements intergénérationnels. Je parlais des transports, trouver des tarifs qui soient en accord les moyens des étudiants, des jeunes, des apprentis. Il y a aussi la formation, l’accès à la culture, au sport. Et je pense que des licences de sport pour l’année qui vient, devraient être gratuites pour les jeunes.

En parlant de sport, Marseille accueillera les JO de voile en 2024, quelle est votre position ?
Je crois que la mairie de Marseille a énormément travaillé pour faire en sorte que ces épreuves se passent, mais à des coûts qui soient opérables pour les collectivités territoriales. C’est très important que l’on puisse accueillir des manifestations sportives mais également que les investissements des collectivités territoriales puissent bénéficier aux citoyens, donc c’est pour moi un axe qui sera également important.

C’est à dire épargner l’argent public ?
C’est à dire faire en sorte pour que l’argent public soit investi dans ce qui est utile et qui a un impact pour la vie quotidienne


Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO

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