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Rencontre avec Arnaud Pélissier danseur professionnel devenu à La Roque d’Anthéron un artisan qui transforme le béton en œuvres d’art

mardi 18 août 2020

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Arnaud Pélissier : "Les grands danseurs sont avant tout des interprètes parvenant à transcender les personnages qu’ils incarnent ". (Photo Jean-Rémy Barland)
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Le banc du Festival de piano de La Roque d’Anthéron construit par Lionel Balian et Arnaud Pélissier les artisans associés de "Balian Béton" (Photo Arnaud Pélissier)

« On a tous un banc, un arbre ou une rue, où l’on a bercé nos rêves », chantait Séverine en 1971. C’est désormais chose faite. Sans avoir bien entendu suivi volontairement ce précepte à la lettre, et même d’y avoir tout simplement pensé, le Festival de La Roque en possède désormais un. Placé aux abords de la billetterie en plein cœur du Parc Florans ce banc est une œuvre d’art. Il est blanc, et, fruit d’une commande des organisateurs de la manifestation, il doit son existence à Lionel Balian et Arnaud Pélissier deux artisans de la cité provençale associés dans ce qui est l’entreprise « Balian Béton ». Ingénieur en intelligence artificielle installé à Paris, né le 16 août 1971 à Martigues, Lionel Balian a eu envie de retourner dans sa Provence natale pour s’orienter vers une voie plus artistique. Croisant un jour quelqu’un ayant acheté quelques sacs de béton fibré à ultra haute performance, il trouva dans cette matière de quoi donner cours à sa créativité. C’est à Fuveau d’abord, puis aux Milles, et enfin depuis 2017 à La Roque d’Anthéron qu’il a donc travaillé le béton pour en faire du mobilier, des tables, des consoles, des vasques sur mesure. Œuvrant pour de grosses sociétés comme Vinci, des architectes ou pour des autoroutes, son entreprise a pris de l’ampleur et en patron averti, Lionel chercha un associé. Pas un technicien mais quelqu’un qui comprenne la vocation de cet atelier où l’on détourne de son usage le béton fibré à des fins pas seulement industrielles mais privées afin de proposer par exemple des objets d’intérieurs.

Une petite annonce qui changea tout

«  Rien ne me prédestinait à travailler dans ce secteur d’activités , raconte Arnaud Pélissier, J’ai répondu en fait à la petite annonce d’embauche de Lionel Balian en me présentant à l’atelier. Nous avons parlé et il m’a immédiatement engagé. » Bien lui en a pris devrait-on ajouter car cette collaboration commencée voilà huit mois est une réussite autant professionnelle qu’humaine. « Nous sommes complémentaires. Dans l’échange nous nous entendons bien, nous confrontons nos points de vue, et, après des prises de décision, nous sommes en accord parfait  », précise Arnaud. Pas étonnant d’ailleurs quand on sait combien l’un comme l’autre respectueux des autres et précis dans leur travail demeurent des artisans soucieux de perfection. Et quel parcours surprenant que celui d’Arnaud Pélissier, dont les domaines de compétences sont multiples.

Fou de musique et danseur professionnel

Né le 19 décembre 1988, Arnaud Pélissier s’intéresse à la chanson au théâtre et à la peinture. Il a d’abord suivi une formation de musicien. Solfège, trompette pendant huit ans, atteignant d’ailleurs en la matière un excellent niveau c’est à onze ans qu’il découvrit la danse classique. Tout d’abord au CNR de Chalon-sur-Saône, puis, à quinze ans au Conservatoire supérieur de Paris. Puis engagement à Berlin avec de la figuration sur scène dans l’opéra « Vasco de Gama » de Meyerbeer avec dans le rôle titre le grand Roberto Alagna. « La danse , dit-il, c’est une vraie libération du corps dans son entier. Cela m’a immédiatement procuré de la plénitude dans ma chair et dans mon esprit. J’avais onze ans, je ne voyais plus le monde de la même manière. Avec la danse, c’est plus qu’un corps qui danse, c’est l’âme qui danse dans le corps. C’est un moyen d’expression magique et quand j’observe des danseurs et des danseuses dans un spectacle ou à l’entraînement, je crois voir l’intériorité de la personne qui s’exprime. On ne peut pas tricher en dansant. Cela réclame de l’honnêteté. On est entier, face aux autres. »

Prof et chorégraphe pour enfants

C’est un grave accident au genou qui mit fin à la carrière de danseur professionnel d’Arnaud Pélissier. Mais loin de se laisser abattre, ou de s’apitoyer sur son sort, poussé par cette énergie qui l’incite à toujours regarder de l’avant, il s’embarqua vers de nouvelles aventures artistiques. Retour à Dijon du coup, la ville de ses racines, avec un court métrage chorégraphique donné au palais du Duc de Bourgogne, où on déployait une histoire avec uniquement des mouvements. Puis travail au Festival de danse de Montauban où il fut l’assistant d’Alain Marty. Se donnant ensuite une année sabbatique du côté de Sète, la patrie de Georges Brassens, qui pour lui est un modèle, Arnaud Pélissier prépara un diplôme de professeur de danse classique qu’il obtint avec brio, et qui lui permit d’enseigner pour commencer à Aix, Callas, puis Oraison. C’est en admirant le travail de grands danseurs ou danseuses tels que Noureev, Baryshnikov, Nicolas Leriche, Agnès Letestu, Aurélie Dupont, ou l’Argentine Marianela Núñez, (sa préférée), qu’il eut envie de devenir chorégraphe. L’occasion lui en fut pour le moment donnée auprès des enfants quand il passa son diplôme d’état en contrat avec une école de danse. « J’ai chorégraphié les enfants comme s’ils étaient des professionnels, confie-t-il, avec autant d’exigence, en portant une attention particulière aux costumes et aux décors. C’était à Saint-Paul-Trois-Châteaux dans la Drôme, ce fut un pur bonheur ». Généreux et terriblement investi dans chaque action qu’il conduit, Arnaud Pélissier a le sens du partage et de la bienveillance. De la résilience aussi. Et de vanter encore et toujours ces grands danseurs qui selon lui « sont avant tout des interprètes parvenant à transcender les personnages qu’ils incarnent. Qui réussissent à transmettre aussi de la manière la plus pure leur intériorité au public  ». Si comme on l’a dit en préambule le Festival de piano du Parc Florans a fait l’acquisition d’un banc, La Roque accueille désormais en la personne d’Arnaud Pélissier un esthète doublé d’un humaniste. Un artiste-entrepreneur exigeant et cultivé qui demeurant fidèle à ses idéaux de jeunesse a repris à son compte les paroles de deux chansons de Jean Ferrat stipulant que « Nul ne guérit de son enfance  » et « qu’il faut vivre ce que l’on aime » quitte « à payer le prix qu’il convient. »
Jean-Rémi BARLAND
Plus d’info sur balianbeton.fr

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