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Rencontre avec le comédien Julien Grange : "Le charisme de la troupe prime sur le charisme du comédien. C’est de cette osmose que naît la magie d’une pièce"

mardi 4 août 2020

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Julien Grange a fait sienne cette pensée d’Oscar Wilde : " La beauté est dans l’oeil de celui qui regarde". (Photo Hector Langevin)

C’est une envie de réaliser des films qui a conduit Julien Grange sur les bancs de la faculté de cinéma. Né à Paris le 21 septembre 1990, ayant grandi en banlieue à Suresnes, c’est sur les conseils d’un ami qui lui a suggéré d’entrer au Cours Florent qu’il suivit un double cursus master de cinéma et théâtre. « On ne nous apprend pas forcément au Cours Florent à devenir des acteurs professionnels hors plateau. On ne nous nous explique pas trop la politique de ce métier même, souligne-t-il, si c’est une école formidable ». Lucide, exigeant, et animé d’esprit critique, enthousiaste et talentueux Julien Grange a joué du Feydeau avec le Collectif « Effervescence » animé par Nina Debaisieux. C’était l’an dernier, au théâtre Montmartre -Galabru avec la pièce « Dormez je le veux  », et l’acteur, à cette occasion vérifia, comme avant lui beaucoup d’autres, combien une comédie de Feydeau est une machine de guerre nécessitant rythme et souplesse de jeu. Ce dont ne manque pas Julien Grange en l’occurrence qui possède, outre une présence physique indéniable une force dans le regard et une appétence à faire surgir la vérité d’un personnage. « Je fais du sport quotidiennement pour être moins lourd sur scène, gagner en souplesse, et affiner mon rapport avec la gravité », confie-t-il. Un travail qui lui tient à cœur et qu’il prolonge en observant ce que ses collègues font sur scène ou à l’écran. « Dans ce métier, ce qui m’intéresse le plus, c’est la matière du comédien : sa densité, sa personnalité, son charisme. Et je ne cesse d’admirer actrices et acteurs tels qu’Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, sortes de modèles tout comme je reste attentif aux carrières fascinantes de beaucoup d’interprètes de ma génération, comme Anaïs Demoustier, Ana Girardot, Benjamin Lavernhe ou François Civil, qui m’ont d’abord appris à être un spectateur, à tout regarder dans un film, et qui demeurent pour moi des exemples me tirant vers le haut ». En tout cas on peut affirmer que Julien Grange a plus qu’appris la leçon... notamment dans les deux courts métrages « Nid d’hiver  » de Tibor Lodowski et « A contre courant  », réalisé par Ariane Vallin dans le cadre du travail réalisé à l’École Louis Lumière. Il y est absolument bouleversant, et d’une densité humaine rare. Quand on observe le jeu de Julien Grange, on a envie de savoir pourquoi le personnage qu’il incarne en est arrivé là. Le mystère des êtres au-delà des apparences… pour ce comédien touché par le travail d’écriture et de mise en scène d’artistes tels qu’Alexis Michalik, Cédric Klapisch, Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Vincent Macaigne, Joël Pommerat, ou Ariane Mnouchkine experte en l’art de développer la prise de parole. Avec toujours la même attention portée à la manière dont est développé le récit. « On peut me spolier en me racontant la fin d’une pièce ou d’un film car pour moi l’intérêt est de savoir comment l’histoire est racontée, comment l’artiste met en scène les sentiments de ses personnages. Même si l’acteur ne fait rien de notable, un grand film c’est un film où on ne décroche pas, pareil pour une grande pièce ». A quelques nuances près serait-on tenté de préciser car « si au cinéma on peut , selon Julien Grange, tricher avec le montage » et qu’un acteur « peut porter le film presque seul  », au théâtre prédomine à ses yeux « l’esprit de troupe ». « Le charisme de la troupe, dit-il, prime sur le charisme du comédien. C’est de cette osmose que naît la magie d’une pièce ».

L’écriture d’une pièce

Écoutant les chansons de Serge Reggiani en boucle, fou de musique et de textes poétiques, Julien Grange aime les mots. Pas étonnant donc qu’il travaille en ce moment à l’écriture d’une pièce . « Cela parle d’une troupe de théâtre qui s’apprête à monter sur les planches une pièce de Copi. Nous sommes dans les coulisses pour voir comment ils se préparent. Une grève a éclaté, car si les comédiens rémunérés correctement sont présents sur le plateau, les techniciens qui n’ont pas été payés ont fait la grève et ont déserté le théâtre. Les comédiens trois hommes, trois femmes, d’autant plus inquiets que dans une heure aura lieu normalement le lever de rideau essaient de comprendre et discutent ensemble. » De ses questionnements à la fois esthétiques et citoyens Julien Grange a tiré un texte qui vraisemblablement en forme de coup de poing exprime aussi ses propres élans du cœur comme ceux de ses semblables auxquels il est très attaché. En contact avec le cinéaste Thierry Klifa, Julien Grange, homme de partage,, a fait sienne cette pensée d’Oscar Wilde : « La beauté est dans l’œil de celui qui regarde »...
Jean-Rémi BARLAND

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