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(4/4) Retour sur... Congrès mondial de la nature. Entretien avec Amandine Hersant, directrice générale de Planète urgence

samedi 11 septembre 2021

le Groupe SOS a réuni à bord du Kraken, trois mâts amarré au Vieux Port, 3 associations : les Amis du Marais du Vigueirat, qui gère une réserve naturelle, en Camargue, l’association "Wings of the Ocean" qui est avec une trentaine d’équipiers à bord du "Kraken" et pour la 3e association, entretien avec Amandine Hersant, directrice générale de "Planète urgence", une ONG dont la mission est la préservation des forêts et de la biodiversité en danger.

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Amandine Hersant, directrice générale de Planète urgence ©Mireille Bianciotto

Destimed : Parmi vos missions, il y a la protection d’espèces mais dans leur habitat, donc, dans la forêt ?
Amandine Hersant : Exactement, quand on regarde une forêt, il y a des arbres mais il y a surtout la biodiversité qui y vit : des toutes petites bêtes et des plus grosses. En fonction des zones où l’on travaille, on analysera bien les enjeux qu’il y a sur la biodiversité, végétal, animal et on adaptera, en fonction, les projets de reforestation ou de préservation des espaces forestiers.

Où intervenez-vous ?
On est dans le monde sur les zones, les plus critiques, en termes de préservation de la biodiversité, les plus vulnérables aussi au changement climatique, à la pauvreté. Donc, on a travaillé en Indonésie, au Cameroun et à Madagascar, on travaille également sur la sensibilisation des enfants dans les écoles

Pouvez-vous par exemple nous parler de vos intervention à Madagascar ?
Madagascar, c’est une île qui est fortement déforestée. Si on ne fait plus rien, dans 20 ans, il n’y aura plus de forêt. La problématique principale que l’on a sur nos zones d’intervention, c’est que les gens vont couper du bois, pour pouvoir en faire leur bois de cuisson, donc cuire leurs aliments, tous les jours. Dans la zone, où l’on travaille, il n’y a plus que 3% de forêt. L’enjeu est de protéger ces 3% de forêt qui reste, de reforester et puis d’avoir une alternative au bois de cuisson et ne pas couper un arbre d’une forêt avec une biodiversité exceptionnelle mais des arbres qui sont fait pour ça, l’acacia, l’eucalyptus, etc. On va travailler sur la forêt, on va travailler aussi sur du développement économique pour les populations qui vivent à proximité, et que, au lieu de vendre du bois pour faire du charbon, on va travailler sur de l’agriculture, sur la filière du vers à soie, sur du maraîchage écologique qui va permettre aux populations de vivre en lien avec la forêt et plus dignement.

Depuis combien de temps intervenez-vous ? Quels sont les résultats et est-ce que vous envisagez autre chose ?
Sur ce projet-là, spécifiquement, cela fait 7,8 ans que l’on travaille dessus. on a commencé sur une zone et une fois que l’on voit comment cela fonctionne et que cela fonctionne bien, on se déploie sur d’autres zones. L’idée c’est vraiment de passer à l’échelle supérieure, sur ce projet.

Est-ce que faire partie du Groupe SOS, cela va vous permettre d’avoir une action plus ample ou plus profonde ?
Le Groupe SOS a 2 intérêts, le premier c’est qu’on va être en interaction avec d’autres organisations qui vont travailler sur cette thématique. On va pouvoir partager de bonnes pratiques, partager des réseaux, il y a Wings of the Ocean, le Marais aussi et tous sont des acteurs qui maîtrisent le sujet et qui, collectivement, vont pouvoir échanger. Et puis, la deuxième chose, c’est un soutien financier, si on a besoin de faire des investissements. Passer à l’échelle supérieure c’est très difficile pour une association, d’être dans cette dynamique de faire partie de SOS c’est extrêmement utile.

Combien, êtes-vous dans l’association ?
On est cinquante dans l’association, une petite vingtaine à Paris et le reste des équipes sont dans 7 pays du monde.

Comment cela se passe dans les pays étrangers, êtes-vous acceptés ?
Oui on ne travaille plus qu’avec des locaux dans nos équipes. Il n’y a pas du tout d’expatriés, ce sont 100% des personnes camerounaises, pour le Cameroun, malgaches à Madagascar, qui connaissent extrêmement bien les communautés locales, et qui connaissent extrêmement bien les sujets. Ce sont des agro-forestiers, des experts en développement, du coup on est bien qu’accepté, on est même toujours les bienvenus, on n’a jamais de situation difficile.

Selon-vous la préservation des forêts passe automatiquement par le maintien d’une activité économique ?
Toujours. Je pense qu’il ne faut absolument pas déconnecter l’environnement et l’humain, cela serait une grave erreur puisque l’homme ne pourra vivre que si la planète va bien. Et donc, l’homme pour vivre a besoin aussi de développement économique, mais un développement économique durable, les deux doivent aller ensemble.

Qu’est ce que vous attendez ou attendez-vous quelque chose de ce Congrès mondial de la nature ?
Je pense que c’est une très bonne occasion de sensibiliser le grand public, de façon générale, et j’espère que ce sera une bonne préparation pour la Cop Biodiversité afin que les décideurs politiques prennent des décisions fortes pour la préservation des écosystèmes.

Cette COP de la biodiversité, c’est quand ?
Je ne peux pas m’engager sur une date, elle a été décalée en 2022. J’espère qu’elle aura lieu, parce que chaque hectare de forêtsur les zones tropicales, à chaque fois qu’on perd de la forêt, on perd des espèces qu’on ne retrouvera plus jamais. Il y a même des espèces qui disparaissent tous les jours et nous ne sommes pas au courant.

Face à cette urgence que vous constatez ou dénoncez, il semble que les actions des gouvernements ne soient pas à la hauteur, on le voit bien avec la COP 21...
Nous, on n’est pas une association politique, on est une association de terrain. On va agir au besoin des communautés locales, sur un territoire. Donc, je n’ai pas vocation à me positionner dans un cadre politique, en revanche on voit le rythme des dégradations des écosystèmes sur lesquels on travaille. Eh oui, il y a besoin de décisions fortes qui soient prises, des régulations internationales et des échanges, au niveau des marchés, parce que beaucoup de choses passent par l’économie.

Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO
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