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[Retour sur... ] Covid-19/confinement - Mesures d’urgence décidées par la ville de Marseille : "Assurer la justice sociale dans la ville et actionner au mieux le pilier solidarité de notre politique" malgré un budget contraint...

mardi 10 novembre 2020

Lors d’une visioconférence la maire de Marseille, Michèle Rubirola, Benoît Payan, Premier adjoint, et les adjoint.e.s Pierre Huguet​, en charge de l’éducation, des cantines scolaires, du soutien scolaire et des cités éducatives, Audrey Garino​, en charge des affaires sociales, de la lutte contre la pauvreté et de l’égalité des chances, Audrey Gatian​, en charge de la politique de la ville et des mobilités et ​Yannick Ohanessian​, en charge de la tranquillité publique, de la prévention, de la sécurité et de l’espace public ont mis en exergue la grande difficulté de leur tâche de par l’insuffisance des budgets dédiés au volet social et solidaire consacré à la ville. « Nous avons réussi à faire les fonds de tiroir face à un contexte social et sanitaire extrêmement tendu dans la ville », soulignera Benoît Payan...

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La ville de Marseille a pris des mesures d’urgence malgré un budget contraint (Photo Hagay Sobol)

Michèle Rubirola annonce qu’une cellule de crise quotidienne a été actée en mairie mais dénonce : « La mesure du port du masque obligatoire pour les enfants dès l’âge de 6 ans nous est tombée dessus… Nous avons appris au dernier moment que la Ville devrait prendre en charge la mesure prise par le gouvernement. On essaie de le faire au mieux, alors que cette dernière aurait dû être financée par l’État. Nous avions prévu d’équiper en masques le personnel et les enseignants dans les écoles, mais pas les enfants en cette rentrée après les vacances. Je vous annonce que nous venons en ce sens de passer un marché pour 700 000 masques enfants qui devraient déjà permettre de répondre aux besoins de 20 % des élèves dans les écoles jusqu’à fin décembre. On s’inscrit dans la durée, mais c’est une période remplie d’incertitudes, et nos priorités sont de tout mettre en œuvre pour assurer la justice sociale dans la ville et actionner au mieux le pilier solidarité de notre politique, car les aides de l’État promises sur ces questions-là ne sont toujours pas arrivées…  »

« Le gouvernement a changé son fusil d’épaule toutes les 24 heures ces derniers temps »

Benoît Payan, indique à son tour : « La maire a demandé de mettre la ville dans une situation d’état d’urgence municipale. La première urgence, car c’est notre première compétence, a été de rouvrir les 470 écoles de la ville, de continuer à assurer le service municipal et les repas dans toutes les cantines scolaires. La plus grande difficulté a été de constater que le gouvernement a changé son fusil d’épaule toutes les 24 heures ces derniers temps, notamment au sujet des dispositions sanitaires et sécuritaires à prendre pour les écoles. À la mairie, nous avons réussi à faire les fonds de tiroir, même si je n’aime pas l’expression, face à un contexte social et sanitaire extrêmement tendu aujourd’hui dans la ville. Dans un budget contraint, il faut être inventif. Ce nouveau confinement est préoccupant et nous avons déjà engagé 35 millions d’euros pour assurer la gestion du Covid sur la ville. La maire vient encore de demander un million d’euros pour que le Bataillon de marins-pompiers teste les Marseillais ces prochaines semaines. Au final, cette facture, on va finir par l’envoyer à l’État. On est bien partis pour dépenser jusqu’à 50 millions d’euros pour cette question liée au Covid. On a besoin de l’aide de l’État, qui est défaillant en ce moment. » Le Premier adjoint tient à rappeler : « On est dans une ville en crise et on s’est battus pendant la dernière campagne électorale pour changer de paradigme. Mais on se rend compte de plus en plus qu’on trouve Marseille dans une situation terrible, alors que les Marseillais ont dans le même temps besoin d’être rassemblés. » Et il teint à préciser : « La volonté de cette majorité municipale est de ne laisser aucune école fermer. »

« La crise sociale va prendre de l’ampleur sur notre territoire »

Pour Audrey Garino : « La réalité est que ce reconfinement s’abat sur une ville où 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et que l’on est en train de racler les fonds de tiroir, il faut le dire, pour réquisitionner des fonds et des bâtiments pour faire face à cette crise, inédite. Le reconfinement vient un peu plus fragiliser des dizaines de milliers de familles qui avaient déjà été très impactées par le premier confinement. La réalité est que nos budgets pour lutter ne sont pas à la hauteur. La crise sociale va être plus importante, nous le savons déjà. Nous réclamons une plus grande collaboration avec les autres collectivités pour y faire face. Parmi nos nouvelles mesures prises actées, il y a le doublement des distributions alimentaires sur la ville, où nous passons de 500 à 1 000 repas distribués par jour aux personnes les plus précaires grâce toujours au travail sur le terrain des équipes du Samu social et 1 500 masques par jour sont en ce moment distribués aux sans-abri de la ville. D’autre part, face à la sous-capacité chronique en matière d’hébergement d’urgence, en pensant aux milliers de personnes qui dorment dans la rue tous les jours à Marseille, nous avons aussi décidé en union avec les services de l’État avec lesquels nous collaborons au quotidien sur le sujet de créer 100 places d’hébergement d’urgence dans les semaines à venir. Elles seront en priorité destinées aux sans-abri et aux femmes battues.  ».

« 10 000 tests rapides seront effectués dans les écoles par les marins-pompiers dans les prochaines semaines »

Pierre Huguet, a précisé pour sa part que les 470 écoles de la Ville avaient pu rouvrir suivant le respect d’axes forts. Le renforcement du personnel municipal, « avec 100 agents qui sont passés à 40 heures de travail par semaine ». La sécurité sanitaire accrue des enfants et du personnel qui est déclarée « toujours plus prioritaire », avec notamment l’annonce d’une opération « de dépistage rapide dans les écoles », sous la forme de « 10 000 tests qui seront effectués dans les établissements par le Bataillon de marins pompiers les prochaines semaines »...

Une présence de la police municipale multipliée par trois autour des écoles

Yannick Ohanessian a dressé un état des lieux plutôt préoccupant de la situation : « nous devons affronter un grand nombre de tempêtes et la municipalité est entièrement et collectivement concentrée dans l’action. Pour cela nous avons multiplié par trois la présence devant les écoles de la police municipale afin de protéger toujours plus les établissements. C’est un dispositif unique et sans précédent qui est organisé aujourd’hui à Marseille. Nous mettons davantage de médiateurs sociaux devant les établissements qui l’exigent le plus, également. L’objectif est de faire respecter au maximum le port du masque et tous les gestes barrières. Il faut savoir que les endroits devant et aux abords des écoles concentrent le plus de monde en ce moment. » Et Benoît Payan d’ajouter : « Nous répondons à un manquement de l’État sur ces questions, mais on prend nos responsabilités. Notre volonté est de mettre la police municipale autour des endroits les plus sensibles, et nous avons décidé de mettre le paquet autour des écoles pour les sécuriser. »

La politique de communication « papier glacé » de l’ancienne majorité municipale dénoncée

La nouvelle équipe municipale a plusieurs fois pointé du doigt la « mauvaise gestion » de la majorité précédente sur les choix des budgets consacrés au social et à la solidarité sur le territoire marseillais. « Pendant des années on s’est battus contre des choix politiques et budgétaires que l’on considérait comme superficiels », rappelle Benoît Payan, considérant qu’« ils ne correspondent pas à la ville et à notre vision ». Et c’est le cas, poursuit-il : « Pour les opérations de communication qui dépensaient des centaines de milliers d’euros par an pour fabriquer du papier glacé… J’avais par exemple dans mon budget 350 000 € en termes de communication que ne je n’avais pas envie de réaffecter. Et comme nous passons des paroles aux actes, j’ai fait le choix de les réaffecter vers le social. Il faut que tout le monde le sache : le volet financier du Samu social de la Ville était de 50 000 €. Pour la 2e ville de France, vous imaginez ? Nous nous retrouvons aujourd’hui avec des armoires vides, il n’y a plus de couvertures de survie, il n’y a plus le minimum du minimum. Par responsabilité politique, on a vite décidé de réaffecter plusieurs lignes de crédits. 600 000 euros affectés à d’autres délégations sont allés vers la question sociale. Et tout cela, on le fait aussi à la place de l’État…  »

« Je ne m’attendais pas à trouver des budgets aussi faibles dans une ville aussi pauvre et aussi vaste… »

Audrey Garino renchérissait sur le sujet : « Je dois vous avouer qu’on présupposait que l’action municipale était limitée depuis les dernières années en matière sociale, et ce malgré tous les efforts au quotidien du Samu social, mais je ne m’attendais pas à trouver des budgets aussi faibles pour faire face à une telle situation, dans une ville aussi pauvre et aussi vaste… Nous n’avons plus de stock de couvertures, en effet, plus de kits d’hygiène dans une période où il faudrait surmultiplier tout cela. Je vous annonce que les différents adjoints au maire ont décidé de réaffecter un million d’euros à cette question relevant de la solidarité. Comptez sur moi, ils seront bien utilisés. » Benoît Payan a conclu sur l’avancement des différents audits commandés par la nouvelle équipe municipale pour faire le point sur la réelle situation financière de la ville. « Tout devrait être passé au peigne fin pour nous permettre de nous projeter. Les auditeurs sont en plein audit, pour résumer. Nous avons besoin d’avoir une vision claire et définitive, et tous les documents seront rendus public en temps voulu. »
Bruno ANGELICA

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