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[Retour sur... ] Marseille. Opération coup de poing anti-Covid de la police dans le quartier de la Plaine

mercredi 14 octobre 2020

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Partis du commissariat de Noailles sur la Canebière les policiers rejoignent la Plaine pour une opération de contrôle (Photo Mireille Bianciotto)
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Emmanuel Barbe, Préfet de police des Bouches-du-Rhône, a supervisé l’opération (Photo Mireille Bianciotto)

Emmanuel Barbe, Préfet de police des Bouches-du-Rhône a supervisé une opération de police dans les établissements de restauration du quartier de la Plaine, ce samedi 10 octobre, trois jours après le décret du Préfet de Région Christophe Mirman. Il s’agissait pour lui de vérifier si « les professionnels de la restauration » appliquent le protocole qu’ils ont eux-mêmes négocié en préfecture. Et c’est peu dire s’il a été contrarié. Alors il met en garde : « Les professionnels, y compris les boulangers, doivent comprendre que les contrôles vont se multiplier en journée comme en soirée ». Et de souhaiter que la police municipale « contribue à ces opérations car c’est l’intérêt de tous. Mais d’abord ce sont les professionnels qui doivent s’y mettre. C’est leur intérêt au premier chef car sinon on finira par fermer, une nouvelle fois, les établissements ». Il rappelle que tous les établissements assurant une activité de restauration assise sont autorisés à accueillir du public dans le strict respect des mesures « assez simples » suivantes : limiter l’activité à un service assis à table uniquement (interdiction de consommer debout en intérieur comme en extérieur) ; assurer une distance d’au minimum un mètre entre chaque chaise ; limiter à six le nombre de convives à une même table ; respecter l’obligation du port du masque par les professionnels (interdiction stricte des seuls équipements non protecteur type visières-menton) et par les clients, aussi bien à l’entrée et que lors de leurs déplacements au sein de l’établissement ; afficher, à l’entrée de l’établissement, la capacité maximale d’accueil respectant les mesures précitées ; mettre en place un « cahier de rappel » afin de garder à disposition des autorités sanitaires les coordonnées des clients en cas de contamination et de les aider à remonter le fil des sujets contacts. Les clients laisseront leurs noms et numéros de téléphone qui seront conservés pendant une durée de quatorze jours. En ce samedi, le gérant d’un établissement est verbalisé à cause de jeunes jouant au flipper et il s’en étonne : « Le flipper, ce n’est pas une consommation ». Le préfet de police poursuit sa visite, lance : « Nous ne faisons pas cela pour embêter ces professionnels. Ce sont des gens qui travaillent, ils ont toute notre estime, c’est juste qu’en ce moment on a un maudit virus qui fait que nos hôpitaux commencent à être sous tension »... Entretien.

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Commerçant verbalisé (Photo Mireille Bianciotto)

Emmanuel Barbe met en exergue, dans cette lutte, un point positif : « Toutes les fois où on a mis en demeure, le lendemain, les professionnels avaient respecté les règles car ils veulent continuer à travailler. Cette méthode marche donc bien, elle a l’air sévère mais elle a sa part de prévention, en elle ». Il n’en appelle pas moins la profession à « se secouer ».Entretien.


Rencontre le lendemain, dimanche 11 octobre, avec un des commerçants verbalisés

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Ce gérant d’une brasserie située place Jean-Jaurès revient sur sa verbalisation de la veille (Photo Mireille Bianciotto)
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Mesures sanitaires affichées sur la porte de l’établissement (Photo Mireille Bianciotto)

Retour, ce dimanche, chez ce gérant, depuis 9 ans, d’une brasserie, débit de boissons, qui sert des sandwichs, place Jean-Jaurès. Il a été verbalisé et raconte : « Hier ils sont passés pour faire un contrôle. Il y avait trois petits jeunes qui étaient en train de jouer au flipper, ils n’en avaient pas le droit, je l’ignorais ». Il a donc été verbalisé pour un montant de 135 euros « parce que c’est la première fois où je suis hors la loi … et ce n’est pas une chose à refaire ». Il déplore avoir du mal avec le registre des clients « les 3/4 des clients ne viennent pas, parce qu’ils ne veulent pas laisser leur identité et là on est dans l’obligation de refuser de les servir ». Il déplore encore de ne pas être assez bien informé : « On essaie de suivre le protocole sanitaire avec tout ce qu’il exige, la preuve, c’est affiché de partout dans l’établissement ». Affirme que sa saison estivale « a été catastrophique, dans tous les sens du terme parce que, à force de sortir les protocoles sanitaires, on n’arrive plus à suivre, personnellement. Les gens n’arrivent pas à suivre, à comprendre le comment et le pourquoi, assis, debout, debout assis, Jacques a dit assis, debout, debout, assis, donc on essaye de faire le maximum ». Il se dit d’autant plus pessimiste pour l’avenir qu’il affiche son scepticisme concernant les aides annoncées par le gouvernement. Pour lui c’est : « Paroles, paroles et encore des paroles ». Entretien.

Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO

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