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Retour sur... "Musique au Centre" - Festival de musique de chambre à Marseille

dimanche 15 septembre 2019

Après Montgrand en 2018, c’est le lycée Périer qu’il a investi ce mois d’août, du 23 au 25 pour quatre concerts. Quoi de plus naturel pour Musique au Centre, festival de musique de chambre lancé l’année dernière par deux professeurs passionnés de piano, Gwenaëlle Castex et Pierre Laïk.

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Pierre Laik, Gwenaelle Castex, Shani Diluka et le Trio Goldberg était au Lycée Périer à Marseille dans le cadre de Musique au Centre (Photo Mireille Bianciotto)
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(Photo Mireille Bianciotto )

Devant le succès remporté l’année dernière, il a rempilé pour une deuxième édition. Le festival de Musique de chambre "Musique au Centre" a cette fois élu domicile dans la vaste cour d’un lycée Périer déserté par ses élèves, mois d’août oblige. Soit quatre concerts sur 3 jours, du 23 au 25 août. L’initiative ? Elle émane de Gwenaëlle Castex et de Pierre Laïk, tous deux professeurs au lycée Montgrand... mais pas de musique ! Enseignant l’espagnol pour la première, les sciences de la vie et de la terre pour le deuxième, ils se définissent tous deux comme des pianistes passionnés... au point même qu’« on ne peut envisager de commencer la journée au lycée, sans avoir un peu joué le piano », lance Gwenaëlle Castex. C’est donc dans cette dynamique qu’ils ont entraîné leurs élèves, leur faisant découvrir la musique de chambre. « Cela s’est fait assez naturellement, on a eu envie de partager cette passion qui débordait en nous avec nos élèves … et on s’est retrouvé à jouer à plusieurs reprises, avec eux à côté, lors des interclasses par exemple. On s’est rendu compte qu’ils étaient extrêmement demandeurs », poursuit l’enseignante. Et certains de ces jeunes, tous majeurs, participent bénévolement à « Musique au centre ». Ils s’impliquent dans l’organisation matérielle, le montage et le démontage de la scène, la mise en place des fauteuils ou la gestion de la billetterie. Mais aussi dans la communication avant et pendant l’événement, le shooting photo, la distribution de programmes le jour J...

Une vraie découverte pour les jeunes bénévoles

Ainsi en témoignent quatre jeunes étudiants post-bac, engagés cette année parmi les bénévoles. Venant de Montgrand et suivant le cursus Maths et Informatique, niveau licence, Ilias a eu l’occasion d’écouter Pierre Laïk jouer du piano dans la salle de musique installée au lycée. Il se félicite du climat convivial qui règne entre les jeunes bénévoles. Cela fait deux ans qu’il est présent parmi eux, ce qui lui a apporté « de l’expérience en termes d’organisation », avance-t-il.

Entretien avec Ilias.

De son côté Zoé, ancienne élève de ce même lycée qui va intégrer la première année de classe préparatoire littéraire aux grandes écoles, « hypokhâgne », à Thiers, voit un double avantage à son engagement bénévole. Pour celle qui voit l’argent comme un élément secondaire, il permet de « donner un coup de main gracieusement » et de « resserrer les liens » avec les autres participants. Et puis, il y a l’intérêt artistique... « J’aime chanter en m’accompagnant au piano, j’ai tout appris en autodidacte. Voir la rigueur et le professionnalisme de Pierre Laïk (s’illustrant dans le concert d’ouverture du vendredi 23 août, NDLR) m’a touchée et aidée. Et depuis cette année, j’écoute un peu plus souvent de la musique classique. Notamment pour travailler et me détendre  ».

Entretien avec Zoé

Également mobilisées, deux étudiantes de Périer, toutes deux en BTS Sport et actions managériales. L’une n’était pas familière du tout de la musique, l’autre ne jurait que par des genres plus actuels, Rap et RnB en tête. Et pourtant... elles ont décidé de s’impliquer parmi les bénévoles. La première, Kenza « a participé à des résidences d’artistes au lycée Périer », elle y a rencontré des musiciens, leur a « posé des questions sur leur métier, leur passion ». La deuxième, Hakima, a vu dans ces mêmes résidences « un moyen de découvrir d’autres styles de musique », inconnus jusqu’ici.

Entretiens avec Kenza


et Hakima

Désacraliser la musique

Ainsi le but évoqué par Gwenaëlle Castex est atteint : on « désacralise » la musique de chambre. C’est déjà le cas, donc, grâce aux résidences d’artistes organisées au sein du lycée, ainsi qu’aux temps de répétition. Ils permettent aux jeunes de découvrir le travail de « création d’un concert ». Et par là-même, « de se rendre compte que ce sont des gens comme vous et moi, très abordables. Les jeunes ont vu qu’ils se marraient entre eux, qu’ils s’envoyaient des petites vannes. Ça les a beaucoup surpris, ils sont entrés dans cet univers dans le cadre du partage et de la complicité qui peut exister entre eux, en musique de chambre », reprend l’enseignante. Une transparence palpable, jusque dans la façon de communiquer. « Musique au centre » ne fait pas mystère en effet de son budget, d’un montant de 55 000 euros. S’il s’avère « très serré » pour inviter des artistes de grande renommée, il est suffisant pour permettre à ses organisateurs de rester attachés à une politique tarifaire pour toutes les bourses. Des formules d’abonnement à petits prix, avec la possibilité de prendre plusieurs concerts et d’avoir des tarifs dégressifs à travers des Pass, sont proposées. De même, la gratuité est de mise pour les jeunes ainsi que pour la vingtaine de bénévoles à l’œuvre. Un apport estimé à 7000 euros dans le budget. Et la formule fonctionne. Pour preuve, la première édition avait réuni « quasiment 800, 900 personnes sur les 3 jours ». Ainsi « on ne pouvait pas s’arrêter là ! On a vécu des choses absolument bouleversantes avec le public, les élèves, les bénévoles, et surtout avec les artistes. Car aujourd’hui, on a la chance d’accueillir des artistes de scènes internationales, c’est ce qui nous pousse ». Bref, un festival un peu en parallèle de « la rentrée en musique », décidée au début du mandat par le Président Emmanuel Macron, formulant une volonté de développement de chorales dans les écoles. L’action de "Musique au Centre" a ainsi son utilité car la culture musicale, « ça manque énormément ». Pourtant, pour l’heure, les organisateurs Gwenaëlle Castex et Pierre Laïk,ne bénéficient pas d’aide particulière d’un point de vue ministériel. Et ce, « même si en 2018, le recteur d’Académie Aix-Marseille, Bernard Beignier, était présent à l’ouverture à Montgrand, et s’il a trouvé cela extraordinaire ». A bon entendeur.

Entretien Gwenaëlle Castex

Carole PAYRAU (rédaction) et Mireille BIANCIOTTO (son)

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