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Retour sur le Conseil municipal de Marseille. Vifs débats autour du budget... avant un vote confortable

mercredi 13 avril 2022

Et, à la fin d’un long débat, d’échanges vifs entre majorité et opposition, le budget a été approuvé. Benoît Payan précise même : « En 2020 il a été adopté avec 51 voix, en 2021 53 voix et, cette année, 55 voix... J’attends avec impatience 2023 ».

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Hémicycle du conseil municipal de Marseille ©Mireille Bianciotto

Rien ne laissait pourtant présager un tel résultat, d’autant que ce document prévoit une hausse de la taxe foncière ce qui entraînera moult critiques des oppositions au sein de l’hémicycle municipales. Joël Canicave présente les grandes lignes du budget avant d’en venir à la hausse de la taxe foncière, et en prévision des attaques de l’ancienne majorité, il lance : « Vous avez oublié votre programme de 2014 où vous annonciez que nous n’augmenteriez pas les impôts locaux... un an après vous avez infligé trois hausses d’impôts. » « En 25 ans, poursuit-il, vous avez voté 27 hausses d’impôts et pour quel résultat ? », interroge-t-il. Olivia Fortin insiste pour sa part sur les enjeux en termes de personnels. Bernard Marandat (RN) est le premier a lancé les hostilité : « Vous faites exploser la taxe foncière ce qui réduira, encore plus, le pouvoir d’achat des propriétaires », avant de demander : « Où passe l’argent ? ».

Nous nous opposerons y compris devant les tribunaux »

Pierre Robin (LR) charge : « Petit papa Joël (Canicave ndlr) fit les poches des Marseillais. » Considère que : « la politique du Printemps Marseillais c’est mentir, mentir encore, mentir davantage... C’est cinquante nuances de mensonges », érotise-t-il. Il ajoute encore que cette hausse arrive alors que la Ville n’a jamais été autant aidée par l’État, le Département et réclame le retrait de ce rapport « ou, au moins de réduire la hausse sinon nous nous opposerons y compris devant les tribunaux », prévient-il.

C’est Benoît Payan qui lui répondra, avant le vote du budget : « C’est vrai que jamais l’État n’est venu porter une telle attention à notre ville. Mais il y a une contrepartie. Il nous a fallu faire des sacrifices car, aux côtés des 400 millions que l’État a mis il a fallu en mettre 800 parce que nous n’allons pas nous résoudre à laisser les écoles dans cet état avec des bâtiments dégradés, des femmes qui travaillent dans des conditions difficiles et avec un taux d’encadrement extrêmement faible. Et il arrive qu’il manque 1 000 agents par jour. » Il interroge à son tour : « Mais qu’est ce qui s’est passé pendant 25 ans pour que l’on en arrive là ? Il y a eu 12 291 jours de grève en 2019 pour 3 700 cette année ».

Benoît Payan évoque des surprises en découvrant que 24 hectares de terrain en jachère à Aubagne sont la propriété de la ville de Marseille ou encore au niveau des dépenses l’achat d’un million d’euros de cartes de parking par an, sans oublier les voitures et motos de fonction pour les collaborateurs... Et il prévient : « Nous allons mettre fin à tout cela... ».

« Nous ne sommes pas fiers d’augmenter les impôts mais nous ne sommes pas dans le déni »

Au préalable les interventions se sont poursuivies, toujours vives. Samia Ghali, adjointe en charge de la stratégie municipale sur les projets structurants de la Ville pour l’égalité et l’équité des territoires, parle glace et eau. Elle invite Pierre Robin à la prudence en mettant en exergue le Palais de la glace et de la glisse, réalisation de la précédente majorité « d’un coût de 45 millions d’euros pour l’investissement et de 300 000 euros par an pour l’eau et l’électricité ». Elle poursuit : « Et pendant ce temps vous avez noyé les piscines, un manque d’anticipation pour améliorer ou simplement mettre aux normes -ce qui coûte entre 400 et 800 000 euros par an- et on découvre aussi 800 000 euros hors taxe d’étude pour un téléphérique alors que cela n’entre pas dans les compétences de la Ville ». Elle enchaîne avec le Fortin de Corbières : « Le loyer demandé par la Mairie est de 30 000 euros pour 406 m² de bâti et 66 000 m² de terrain. Et, avant de louer, sans mise en concurrence, la Ville avait dépensé pour 1,8 million de travaux ». Samia Ghali conclut son intervention : « Alors ce rapport, comprenez le, est là pour réparer vos erreurs. Nous ne sommes pas fiers d’augmenter les impôts mais nous ne sommes pas dans le déni ». Pour comparer, elle souligne les pratiques de la nouvelle majorité : « Nous avons renégocié des protocoles comme celui des JO 2024 : 10 millions d’économies sur la Marina olympique. Nous avons cherché des accords historiques avec l’État en matière de rénovation urbaine, les écoles... ».

« Vous voudriez faire monter les extrêmes que vous ne vous prendriez pas autrement »

Pour le récent macronien, Lionel Royer-Perreaut : « Ce budget est celui des illusions perdues. Alors que l’État est particulièrement généreux avec Marseille qu’est-ce qui vous a pris d’augmenter les impôts dans cette proportion alors que nous connaissons une crise sociale, une crise du pouvoir d’achat. Et pourquoi le faire à deux jours du premier tour de la présidentielle ? Vous voudriez faire monter les extrêmes que vous ne vous prendriez pas autrement ». Le propos fait réagir Benoît Payan qui lance : « Ce qui nous a pris c’est que nous gérons vos erreurs... ».

Sabine Bernasconi (LR) lance à son tour : « Vous escamotez vos promesses de campagne. Les citoyens ne veulent plus de cette façon de faire de la politique. Vous avez évoqué la justice sociale et, aujourd’hui, alors que c’est difficile pour tous, vous augmentez les impôts ». Rebecca Bernardi, adjointe au maire en charge des commerces, riposte : « En 2017 la ville a préempté 3 locaux commerciaux pour laisser les grilles fermées. Résultat, il a fallu payer les loyers, 450 000 euros pour des rideaux fermés ».

« Nous donnons plus à ceux qui ont le moins »

Jean-Marc Coppola, adjoint en charge de la culture pour toutes et tous appelle l’opposition à plus de hauteur : « Nous en sommes là à Marseille et, plus largement, dans toutes les collectivités parce que nous avons subi la double peine de la baisse des dotations de l’État d’une part et, d’autre part, la perte de certains leviers fiscaux. Et vous avez accompagné l’austérité, vous avez augmenté 27 fois les impôts locaux, vous n’avez pas cherché les fonds européens, vous avez vendu la Ville au privé. Et nous, nous redonnons ses lettres de noblesse à la politique : nous donnons plus à ceux qui ont le moins ».

Patrick Amico, adjoint chargé de la politique du logement de la Ville de Marseille et de la lutte contre l’habitat indigne signale à son tour : « Notre majorité n’est pas à l’origine de l’habitat indigne. Elle soigne des décennies de manque de vision, de laisser-aller voire pire, de refus de voir ce qui était entrain de se passer. Et les marchands de sommeil ne se retrouvent devant les Tribunaux que depuis quelques mois. Et, grâce à votre action, une société d’économie mixte de la ville est mise en examen dans le cadre du drame de la rue d’Aubagne ».

« 66 immeubles vides, délabrées, appartenant notamment à la ville »

Sophie Camard, maire Printemps marseillais des 1/7 répond à son tour à l’opposition en signalant des écoles réhabilitées, la villa Valmer récupérée, « l’identification de 66 immeubles vides, délabrées, appartenant notamment à la ville, qui vont être réhabilités pour faire du logement social en plus du plan de réhabilitation des immeubles délabrés. C’est un tournant majeur. Eh oui, l’argent des impôts sera bien utilisé ».
Pierre-Louis Ganozzi, adjoint au maire en charge du plan écoles cite pour sa part des coups de fil qu’il reçoit venant d’écoles lui demandant que soit tenues des promesses formulées par la précédente majorité, dont une remonte à... 2012, précisant que les engagements de campagne du Printemps marseillais seront réalisées avec des travaux qui vont commencer en 2022 dans 12 écoles alors que des études sont lancées pour 2023-2024...
Michel CAIRE

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