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Samia Ghali (PS) - "Cannabis : Le combat ou le renoncement"

lundi 11 avril 2016

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Pour Samia Ghali avec la légalisation du cannabis, la gauche se coupe de la réalité et de sa vocation première celle de l’émancipation des individus (Photo Robert Poulain)

A propos de la dépénalisation du cannabis, la sénatrice Samia Ghali, maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille, avance dans un communiqué : « Je ne serai pas de ceux qui dépénalisent une drogue par impuissance, par manque de solution face aux trafics. L’âme de la gauche, elle se puise dans l’Histoire des luttes, celle-ci en est une que je ne lâcherai pas pour des convictions intimes liées aux ravages de la drogue dans les Quartiers Nord en 1980 mais aussi pour des raisons sanitaires et sociétales évidentes.Tant que nous n’aurons pas compris l’origine du mal qui happe la jeunesse de nos quartiers, nous répéterons à l’infini nos erreurs. Un trafic en remplacera un autre plus dangereux : contrebande de cannabis, développement des drogues dures crack/héroïne ou cocaïne. »
« Les données judiciaires exposées lors de la réunion d’urgence ZSP, poursuit-elle, confirment mes inquiétudes : le marché de la cocaïne est en pleine expansion avec des dealers de plus en plus jeunes en activité. Combattre utilement, le fléau de la drogue c’est avant tout s’attaquer à l’économie de la misère qui la nourrit celle du décrochage scolaire, du chômage, de l’enclavement des cités, de l’absence de code moral et familial et du retrait de la puissance publique. » Juge que, « si d’aucuns pensent que la dépénalisation est sans risque, elle le sera peut-être pour certains consommateurs retenus par un cadre et des codes sociaux définis et stables, mais elle en fragilisera d’autres. La société dans sa majorité n’est pas aujourd’hui assez stable. Elle a besoin de règles et d’autorité plus que de renoncement. S’engager dans la dépénalisation du cannabis en caressant l’espoir que nous ferons d’un jeune délinquant, un futur "auto-entrepeneur" sera un confort intellectuel et moral passager, la réalité nous rattrapera vite avec plus de violence que ce que nous connaissons actuellement. Cette solution de la dépénalisation me rappelle le mythe de l’hydre dont chaque tête coupée repoussait à l’infini ».
Et de déclarer : « La solution, à Marseille, pour lutter contre le fléau des réseaux n’est pas la permissivité ou la création d’une industrie du cannabis mais la capacité de la gauche à donner à la nouvelle génération des moyens et des raisons d’y croire. En faisant le choix de la légalisation, la gauche se coupe de la réalité et de sa vocation première celle de l’émancipation des individus ».

Messages

  • Je n’ai qu’un mot à dire : BRAVO !
    Enfin quelqu’un qui a le courage d’aller à contre-courant des idées "dans le vent" et qui pense simplement avec un peu de logique à nos enfants !
    Je ne parle pas là de politique politicienne mais simplement de "bon sens".
    Il suffit de regarder les résultats catastrophiques de la légalisation au Colorado et en Orégon Mais la simple logique nous eut renseigné bien avant :
    M. Le Guen, comme M. Menucci tout récemment, n’ont seulement pas pris la peine de lire les statistiques officielles de la consommation de cannabis en france publiées par l’OFDT.
    Ils auraient découvert que la consommation de cannabis a baissé régulièrement pendant près de 11 années consécutives, de 2002 à 2012 et même de façon conséquente puisque la dite consommation a baissé de près de 25 % !
    Il serait utile de leur demander comment ils expliquent cette diminution sachant que la loi n’a pas changé, que c’était la même "prohibition" qu’aujourd’hui...
    M. Etienne Apaire, alors président de la MILDT et sans aucun doute un peu mieux au fait de ce qui se passe dans ce domaine, avait attribué cette diminution de la consommation aux associations de prévention sur le terrain.
    Et quant à se demander pourquoi la consommation est brusquement reparti à la hausse depuis 2012, les déclarations tonitruantes de nombreux personnages politiques, la légalisation dans certains états et la propagande éhontée relayée par tous les médias peuvent donner un élément de réponse !
    Donc, merci Madame Samia Ghali de cette prise de position courageuse !
    Robert G

  • Madame,
    comment vous dire ça tout en restant polie : vos "arguments", vos "croyances",vos soit disants "faits", tout ça vous les reprenez et vous les gardez pour vous.
    Pourquoi la légalisation ?!
    Parce que c’est une avancé social, juridique, économique, médicale et avant tout citoyenne, pour le respect de la vie privé de vos concitoyens.
    Renseignez vous sur ce qui se passe hors de la france avant de déblatérer de telles sornettes et laissez nous avancer !

  • Robert G, la seule raison pour laquelle les politiques sont contre c’est parce qu’il n’écoute que les non-fumeurs de cannabis, et toi par exemple ça se voit que tu en es un. Déjà cela ne te regarde pas si tu ne fumes pas ça ne t’atteins pas, la prohibition n’a jamais marché que ce soit pour l’alcool en Amérique, ou les drogues. Cela amènera toujours de la contrebande. De plus tes arguments se contredise, depuis quand des gens vont commencer à faire quelque chose d’illégal juste parce que on "parle" de légalisation. Rend toi à l’évidence, on sait très bien qu’il n’y aura pas de dépénalisation. Alors que le petit Robert le soir il rentre et il se fait son petit vers de vin. Pour d’autre c’est un petit pétard et ça fait pas plus de mal.
    Théo N

  • Quel combat ? Voici 40 ans, les usagers des drogues et les cannabinophiles en particulier, se comptaient par milliers "seulement". Quatre décennies plus tard, nous voici des millions à avoir expérimenté le cannabis, un tiers de la population française et 47,8 % chez les jeunes de 17 ans. Les produits n’ont jamais été aussi disponibles sans que le renforcement de la loi n’y change quoi que ce soit.

    Du côté du trafic, tout baigne. Les réseaux criminels ne se sont jamais aussi bien portés. Dans certains pays, ils ont investi les institutions au point de pouvoir dicter leurs règles.

    Certes nous n’en sommes pas là en France. Quoi que… Du côté de ceux censés appliquer le Droit, il n’y a pas de quoi se vanter. Police, douanes et gendarmes se voient régulièrement impliqués dans des détournements de stocks de stupéfiants saisis. Dans des trafics et parfois même dans des règlements de comptes entre bandes rivales.

    Parlons-en des règlements de comptes. À coup d’armes lourdes, les réseaux se mettent en place, souvent après que les forces de police soient intervenues dans les quartiers.

    En attendant de quoi s’agit-il quand on parle d’usage de drogue ? Dans la mesure où l’on accepte de mettre sa morale de côté, ce sont des individus qui décident de modifier leur état de conscience à l’aide d’une substance prohibée ou non. Rien de plus. S’ils se font "du mal", c’est en leur âme et conscience. Qui peut juger ? L’État qui laisse quotidiennement ses administré(e)s s’empoisonner en laissant les industriels produire et vendre des aliments pollués ? Est-il vraiment le mieux placé pour cela ?

    Où sont les victimes ? Nous, usagers des drogues, nous choisissons de consommer des produits. Personne ne nous y contraint et s’il nous arrive d’en abuser, si cela devient problématique, nous ne demandons qu’à choisir le moment où nous déciderons de modérer notre consommation ou de l’interrompre. Nous dénions à qui que ce soit le soin de nous y obliger et réclamons les mêmes Droits que tout citoyen de ce pays ayant des pratiques susceptibles de mettre sa santé en danger. Ni plus, ni moins.

    Qu’on soit bien clair, l’usage de drogue est un crime sans victime. Seule la loi le génère en décidant qu’un acte individuel ne nuisant à personne d’autre qu’à soi-même, devienne tout à coup un délit. En cela la prohibition est une violation permanente des libertés individuelles.

    L’actuelle mobilisation des réseaux de la réduction des risques chez les usagers des drogues, ces professionnel(le)s quotidiennement confronté(e)s aux fâcheuses conséquences de la prohibition, aux limites que celle-ci impose en matière de prévention, devrait ouvrir les yeux aux plus implacables partisans de la répression. Leur message est clair : ÇA SUFFIT !

    Et c’est le même message que l’on peut entendre de la part d’autres professionnel(le)s intervenant dans ce domaine. De plus en plus de policiers et de magistrats s’interrogent sur la pertinence du système prohibitionniste.

    Dans tous les cas, il faut en débattre. Et pour cela, il faut d’abord cesser d’aborder le sujet avec autant de certitude et de passion. La démagogie n’a pas sa place ici. Nous parlons de la vie de millions d’individus, de leur santé aussi alors par pitié, évitons qu’à chaque fois qu’on évoque la question d’un changement de politique en la matière, les arguments les plus insensés soient avancés.

    On nous reproche souvent à nous autres antiprohibitionniste, d’être des « idéologues ». Mais qu’est-ce que la prohibition, si ce n’est une idéologie, un dogme criminogène et mortifère ?

    Enfin nous aimons à rappeler qu’en même que tout ce que l’on peut reprocher aux drogues, tout ce que nous vivons actuellement, intervient dans un contexte d’interdiction totale.

    Il est difficile alors de prétendre qu’une légalisation conduirait au chaos.

    Le chaos est déjà là !

    KShoo,
    Porte-parole et co-fondateur de la Fédération des CIRCs
    (Collectifs d’information et de recherche cannabique)

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