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Tribune. Un printemps économique pour Marseille : "vers une transition économique, écologique et solidaire"

samedi 20 juin 2020

Au sortir de cette période de confinement, devant une explosion du chômage et une aggravation de la pauvreté sans précédent, l’ambition du Printemps Marseillais est à la mesure de tout ce qui n’a pas été fait pour les entreprises de cette ville et de ce territoire, depuis un quart de siècle. Car la richesse du territoire doit d’abord venir du travail de ceux qui y vivent, innovent et expérimentent.

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Les têtes de liste du Printemps Marseillais et les représentants de Debout Marseille devant la mairie de Marseille (Photo D.R.)

Prendre soin de nos entreprises [1]


La crise sanitaire à l’échelle planétaire que nous vivons nous enjoint de repenser notre modèle de développement, et un meilleur équilibre entre économie productive et économie résidentielle. Plus que jamais les mesures du programme économique du Printemps Marseillais trouvent leur actualité : pour lutter contre le chômage, la pauvreté chronique de cette ville, et les inégalités brutales qui la minent, la création de richesse doit profiter à tous, et tous doivent pouvoir y contribuer, en construisant le fondement d’une économie mieux régulée, plus respectueuse de l’environnement et de la santé, moins consommatrice en carbone et en énergie, et offrant des emplois non délocalisables de meilleure qualité, singulièrement aux femmes. Pour cela, nous devons prendre soin de nos entreprises. De toutes nos entreprises : des quarante locomotives du « Top 20 », qui dégagent plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires par an, aux acteurs de l’économie sociale et solidaire, jusqu’à la TPE du petit commerçant local, essentiel à la qualité de vie d’un quartier, à l’artisan plombier, ou à l’auto-entrepreneur Deliveroo qui lutte chaque jour pour vivre de son travail. Le programme du Printemps Marseillais prévoit pour cela une véritable offre de service public à destination des entreprises. Cette offre est complétée par une série de mesures de relance économique qui seront prises dès le début du mandat, à l’échelle de la ville, et proposées à nos partenaires des autres communes au sein de la Métropole. Elle sera élaborée en relation étroite avec le Conseil Régional, chef de file sur la compétence économique, sans commettre l’erreur de l’actuelle présidente de la Métropole, d’avoir voulu installer un « fonds territorial » mort-né d’avoir été conçu sans dialogue avec la Région, et au mépris de la loi, comme le lui a rappelé le gouvernement. Il n’appartient pas aux pouvoirs publics et en particulier aux communes de décréter la manière dont l’économie doit fonctionner. En revanche, à travers cette offre de services à tous les publics d’entrepreneurs, le Printemps Marseillais entend créer les conditions pour que chaque entreprise puisse fonctionner dans les meilleures conditions matérielles. Une ville qui fonctionne bien, et dans laquelle les entreprises se développent et investissent, c’est d’abord une ville où l’on peut trouver à se loger dans tous les quartiers dignement quels que soient ses revenus, une ville où les places en crèche sont bien réparties, accessibles à tous, où l’on peut se soigner facilement, faire du sport, profiter d’équipements culturels, une ville dans laquelle la collecte des déchets est assurée correctement, des quartiers bien desservis entre eux, la tranquillité publique garantie partout et pour tou(te)s. Nous voulons d’abord redonner confiance aux principaux secteurs créant des emplois, à commencer par le BTP. En sortant de la logique du partenariat public privé qui confie le marché des écoles à un seul opérateur, le Printemps Marseillais vise à investir dans l’activité locale des milliers de PME qui font vivre toute la ville. Avec ce grand plan de rénovation des écoles, adossé à un plan de rénovation thermique des bâtiments publics, ce sont près de 200 millions par an qui seront injectés dans l’économie locale sur tout le mandat, soit plus d’un milliard d’euros. La qualité et la transparence des marchés publics passés par la Ville est donc un enjeu majeur : ce sera l’un des chantiers cruciaux du début de mandat. Les regroupements de PME-PMI seront encouragés et accompagnés, l’allotissement des marchés privilégié et les entreprises d’insertion sollicitées dans le cadre des appels d’offres publics.

L’activité industrielle du port est le second enjeu majeur pour la ville


Grâce à la mobilisation exceptionnelle de ses équipes, des dockers, des nombreux sous-traitants et des entreprises qui exploitent cet outil, le Grand Port Maritime de Marseille n’a jamais cessé de fonctionner durant tout le confinement, et des mesures fortes ont été prises pour limiter les nuisances subies par les riverains du fait du stationnement à quai des navires. Le projet stratégique 2024 du GPMM est en cours de finalisation, il va dans le bon sens, en conciliant développement industriel, amélioration de tous les impacts sanitaires et environnementaux, et meilleure prise en considération des riverains. Le programme du Printemps Marseillais prévoit de nombreuses mesures pour faciliter la fonction industrielle et productive du principal poumon économique de la ville en orientant tous les investissements vers une amélioration de l’empreinte environnementale, une forte réduction des pollutions et de toutes les nuisances (air-bruit-eau). Parmi les premières qui seront prises, la négociation du volet métropolitain du contrat de plan Etat-Région sera résolument orientée vers le report modal des camions sur le fer (à Mourepiane et Arenc) et le fleuve, à Fos. Parallèlement une vaste étude d’impact santé-environnement sera lancée avec l’ARS sur les bassins Est. La charte Métropole-Port, préparée mais non signée, sera finalisée, pour engager formellement tous les partenaires autour du GPMM, dont la Chambre de commerce et d’industrie, dans le respect de ces orientations.

La reterritorialisation et la relocalisation de l’économie


La crise sanitaire a mis en lumière notre forte dépendance économique, nationale et territoriale, face aux importations. Sans prétendre remettre en cause les effets de la globalisation, un des objectifs de la mandature sera d’inverser et réduire le rapport de dépendance et donc de vulnérabilité de Marseille et de la Métropole vis-à-vis des marchés internationaux : Dans la filière agro-alimentaire d’abord, à travers le soutien à l’agriculture urbaine, à la diversification de l’agriculture, au renforcement du lien entre production et transformation, au soutien à la production alimentaire dans les zones périurbaines,au soutien à la création et au développement d’entreprises de transformation alimentaire dans les territoires ruraux. Il conviendra d’intégrer dans cette réflexion et dans la réorientation des priorités métropolitaines les territoires ruraux périphériques : la plaine de la Durance et de la Crau, les Alpes de Haute Provence... Les produits de proximité, notamment les produits de bouche, doivent trouver un maximum de débouchés locaux. Euroméditerranée s’est engagé par exemple dans une action de valorisation de la filière paille de riz issue de la Camargue, pour les matériaux isolants nécessaires aux bâtiments en construction. Cette démarche doit être généralisée partout où c’est possible. Sur l’avitaillement des navires de croisière en têtes de ligne, une action très volontariste de structuration d’une offre intégrée doit être menée, au bénéfice de tous les maraîchers et agriculteurs locaux. Par la reterritorialisation et la relocalisation de l’économie : en moyenne les villes françaises ne produisent que 3% de la valeur des biens consommés par leurs habitants, dans une très forte dépendance aux importations. Marseille a de réels atouts et de vraies faiblesses : un tissu économique (PME-PMI, grandes entreprises) très dépendant de centres de décisions situés à l’étranger, mais un tissu industriel diversifié, des filières locales qui permettent de diversifier les échanges, et un équilibre entre économie résidentielle et économie productive. La reterritorialisation de l’économie et de l’emploi non délocalisable est donc un des enjeux majeurs des grandes métropoles en général et de la Métropole marseillaise en particulier. Un soutien au développement des productions locales sera engagé en promouvant notamment des modèles économiques plus petits et circulaires. Un programme d’incitation et d’accompagnement spécifique ciblant les PME/ PMI et les grands groupes du territoire pour relocaliser des fonctions externalisées à l’étranger sera mis en place, sur le modèle de la région Occitanie, qui vient de voter un plan de soutien à la relocalisation économique de 45M€. Une redéfinition de la feuille de route des acteurs publics du développement économique et notamment de l’Agence de développement économique métropolitaine Provence Promotion. Une priorisation et une critérisation de la prospection d’investisseurs étranger sera promue, sur des enjeux écologiques, sociaux, d’innovation et des créations d’emploi pérennes. La mise en œuvre de ces objectifs et de son évaluation nécessitera la création d’un Conseil de la Production Locale réunissant les représentants de l’ensemble des acteurs économiques et des grandes filières structurantes de l’économie métropolitaine.

La nécessaire ouverture au monde de Marseille et de la Métropole


La nécessaire ouverture au monde de Marseille et de la Métropole se déploiera dans le même temps dans la valorisation et la connexion internationale des écosystèmes productifs métropolitains d’innovation et de croissance (Henry Fabre, French tech, Marseille Immunopole etc.) et la dynamisation des réseaux internationaux liés à la recherche, l’innovation et les coopérations universitaires. Pour soutenir les acteurs de l’économie sociale et solidaire, nous relancerons le Fonds pour l’Innovation Marseille-Provence, que la Métropole a fait le choix de ne pas reconduire, bien que la remarquable mobilisation public-privé qu’il a engendrée, ait permis la création de 800 emplois entre 2012 et 2018 autour de sites emblématiques comme le Carburateur à la Cabucelle, ou la Friche de la Belle-de-Mai. Nous étendrons ce fonds partenarial à toute la métropole en ciblant ses thématiques sur les enjeux d’innovation sociale, sanitaire et de transition écologique liés à la très longue sortie de la crise du COVID auxquels seront confrontés durablement tous les acteurs de l’économie et les pouvoirs publics. Des acteurs ambitieux sont en train d’imaginer un futur possible à visage humain, comme l’Epopée à Sainte-Marthe, les makers d’Ici Marseille, Yes We Camp à Coco Velten, le couvent Levat, le Cloître et bien d’autres. Ces initiatives solidaires pourraient rayonner sur tout le territoire de la Métropole -et offrir aux artisans et commerçants des outils de formation, d’appui, et d’aide au développement et à l’adaptation de méthodes de production plus respectueuses de la santé et de l’environnement, ou de process managériaux tenant meilleur compte de la connaissance de terrain des femmes et des hommes sur leur poste de travail, y compris dans le secteur public. Cette démarche permettrait ainsi d’offrir une forme de reconnaissance institutionnelle à ces « petits métiers » dont la crise a révélé toute l’importance, dans tous les métiers du soin, du service à la personne : on pourrait imaginer que des sessions de formation au management de proximité soient proposés aux encadrants de terrain, y compris pour les agents publics (AP-HM, mairies, métropole), dans le respect des contraintes de la commande publique et du plan régional de formation professionnelle. Marseille est dynamique : 10 000 créations entreprises y sont comptabilisées chaque année.

Innovation : nous disposons d’un écosystème entrepreneurial compétent et structuré


Dans le domaine de l’innovation, nous disposons d’un écosystème entrepreneurial compétent et structuré, des chercheurs et des laboratoires publics et privés de R&D de niveau international, que ce soit dans le domaine de l’économie numérique, des biotechnologies ou de la transition énergétique. Une attention toute particulière leur sera portée. Ces entreprises doivent s’intégrer pleinement dans la vision du projet métropolitain, et pour cela, bénéficier d’un soutien de long terme, assis sur une coopération étroite et permanente avec les autorités politiques, pour prendre collectivement à bras le corps les quatre immenses défis qui sont devant nous :
- le défi de l’emploi pérenne et du développement économique
- le défi de la rénovation de la ville (logement, urbanisme, démocratie)
- le défi de la transition écologique et climatique, pour faire de Marseille et de la Métropole une « capitale de la tech à impact positif »
- le défi de la sécurité sanitaire

Nous connaissons enfin la formidable énergie que recèle la jeunesse de cette ville mais aussi ses talents créatifs, sportifs, culturels innombrables. Les industries culturelles, sportives et créatives représentent à l’échelle métropolitaine plus que les 43 000 emplois de la logistique portuaire. Elles font partie intégrante de cette économie qui réconcilie attractivité, qualité de vie et bien commun.. Elles seront au centre des priorités de la nouvelle mandature. La diversité culturelle qui fonde l’histoire passée et présente de notre ville et de la Métropole doit être, dans toute ses dimensions, promue comme un atout et un levier de créativité pour le rayonnement de nos territoires. En un mot, le projet du Printemps Marseillais est de réconcilier l’économie et le bien commun : voilà le printemps économique que nous appelons de nos vœux !

Le programme économique complet du Printemps Marseillais : ICI

Le Printemps Marseillais est un mouvement politique sans précédent réunissant des habitant(e)s de Marseille, des membres de collectifs citoyen(ne)s, des personnalités de gauche et écologistes, et des organisations politiques, syndicales et associatives pour proposer un projet d’alternative écologique, sociale, économique, démocratique pour la ville de Marseille dans le cadre des élections municipales de 2020. printempsmarseillais.fr

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