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Tribune de Fabrice Alimi : "C’est la vraie vie, c’est la vraie ville"

lundi 5 août 2019

Et si on prenait enfin conscience de l’importance du monde économique dans la constitution de la ville ? Et si on l’écoutait un peu plus ? Si on mesurait que ces attentes loin d’être catégorielles ne visent rien d’autres que l’intérêt des salariés, leur bien-être, celui de leurs enfants. Comment ignorer que c’est le bassin d’emplois qui structure l’urbanité ? La ville est synonyme de développement, elle doit l’être de développement durable et pour cela se réinventer. Plus le temps avancera et moins l’on pourra se passer du monde économique en général car l’entreprise est le lieu de tous les possibles, de toutes les rencontres. C’est le travail qui donne un sens à la vie c’est, avec la famille et l’amitié, ce qui pousse à se lever le matin.

L’emploi, l’entreprise, l’économie sont à la naissance de la cité et, jusqu’à avant-hier, ils constituaient la ville. Puis à partir des années 70-80 on a oublié l’importance du poumon économique ou on ne l’a pas assez pris en considération. La mondialisation a eu un effet translatif qui n’a pas été contrebalancée par une réflexion locale. Cet impact a sans doute été plus lourd et plus persistant à Marseille que dans d’autres villes telles Lyon ou Lille. Historiquement, l’activité portuaire de Marseille rend difficile toute porosité entre une grande partie de la population et cette façade maritime. Une partie de la population, peut-on constater, qui fait justement partie des couches les plus paupérisées. Marseille est riche de ses 2600 ans d’histoire, elle a des points forts et des failles, des lignes de rupture, comme toutes les grandes villes d’Europe, parfois plus... Et s’il était temps de faire un diagnostic, de se servir des forces comme des faiblesses pour panser la ville d’aujourd’hui en pensant la ville de demain ? En s’appuyant sur le Port, sur les nouvelles technologies, l’aéronautique, les énergies renouvelables, la recherche, l’université. En s’appuyant aussi sur notre passé.

« Marseille doit assumer son statut de grand bazar »

Marseille doit assumer son statut de grand bazar, le mettre en valeur, le faire monter en gamme. Marseille brille lorsqu’elle assume ce qu’elle est. Hier nous avons tenté de gommer ses différences, c’est une grosse erreur, il faut savoir jouer avec ses atouts. D’ailleurs, pourquoi avoir visité l’hyper-centre à l’occasion de l’édition 2019 de la « Journée de l’immobilier » ? Parce qu’il y a eu un drame, parce que Noailles est un étendard qui doit enfin être revendiqué. Marseille se revendique ville monde, Noailles est un lieu qui va au-delà des mots et de maux, c’est un lieu monde. On parle de Marseille comme le New York de la Méditerranée mais Marseille peut être mieux que cela, mieux au sens de différent et non pas de plagiat. A New-York la diversité se traduit par quartier, à Marseille elle réside au sein d’un même quartier, au cœur historique de la Ville. Il faut donc offrir à chacun la possibilité de trouver son environnement et de permettre à l’Autre de le découvrir, de favoriser les échanges afin de nourrir ce qui est, encore une richesse de Marseille, même si cela s’affaiblit, un espace de communautés sans communautarisme. Tous différents, tous Marseillais. L’entre-soi est mortifère, la vie naît d’un échange, d’un partage, d’un mélange. La Canebière renaît, elle se portera d’autant mieux si Noailles fait de même. Ce quartier est un enjeu, il importe de le faire monter en gamme, non pas contre mais avec sa population. D’ailleurs, il importe de rappeler que les promoteurs réalisent dans nombre d’opérations des concertations d’usagers avant de lancer des opérations, travaillent avec les associations notamment sur le développement des activités sociales et culturelles. La culture est en enjeu, elle est lien social, elle passe par le théâtre, le cinéma, la musique mais aussi la gastronomie. Elle impose des lieux pour manger, boire ensemble, danser. C’est la vraie vie, c’est la vraie ville. Marseille dispose en ce sens de deux atouts particuliers ; le stade Vélodrome et la Fiesta des Suds, deux endroits (il y en a bien d’autres) où tous les âges, toutes les catégories sociales se retrouvent. Des endroits où l’on prend plaisir à être ensemble. Mais cela ne doit-il pas être un but pour les « animaux sociaux » que nous sommes ? La ville durable c’est un projet de société, c’est de l’urbanité : de l’éducation, de la formation, de l’économie et de l’emploi, de la sécurité, un art de vivre -loisir, culture, sport, transport en commun... - C’est du vivre ensemble à conforter quand il n’est pas à réinventer. C’est du transport en commun en site propre, des espaces pour la marche, le vélo, le vélo électrique, la trottinette... On parle souvent du trou de la Sécu mais, mesure-t-on les bénéfices qui existent là en matière de santé ? C’est aussi le covoiturage à développer pour, là encore, réduire la consommation d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre, réduire la pollution et le déficit extérieur. Et je serai très attentif à ses sujets avant de déposer mon bulletin dans l’urne.
Fabrice Alimi est le président du Club Immobilier Marseille-Provence

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