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Tribune de Hélène Foxonet . Déconfinement : "Bien gérer la transition pour les sportifs"

mardi 12 mai 2020

Hélène Foxonet est psychologue clinicienne, coach spécialisée en préparation mentale. Elle a été pendant de nombreuses années à Marseille et dans sa région journaliste spécialisée en santé et en sport avec des collaborations notamment pour Le Quotidien du Médecin et le journal L’Équipe . Après avoir longtemps « écouté, rendu compte de situations, de parcours de vie, d’événements remarquables », comme elle l’explique, avec « l’essence même de son métier de journaliste », elle a choisi aujourd’hui d’écouter et prendre en charge des personnes en souffrance en cabinet. Hélène propose aussi à des sportifs, personnes en reconversion professionnelle ou désireux de réfléchir sur leur parcours, un accompagnement qui se fonde sur les outils de la préparation mentale.

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Hélène Foxonet, psychologue clinicienne, coach spécialisée en préparation mentale (Photo D.R.)

Les sportifs sont des personnes comme les autres. Avec leur lot de doutes, de fragilités et de questionnements face à une situation aussi impactante que celle que nous a imposé le coronavirus. Ils peuvent parfois disposer de plus de ressources que le commun des mortels. Encore faut-il qu’il ou elle puisse les utiliser pour rebondir et redéfinir leur objectif. La pandémie du coronavirus a laissé de nombreuses traces sur le monde sportif. Comment penser que ceux-ci ne puissent être affectés par l’absence d’activités physiques à la hauteur de ce qu’ils y consacrent d’habitude, la promiscuité de la famille 24h sur 24, a contrario la solitude parfois, la crainte liée à la maladie et à la mort pour eux ou leurs proches. A cela vient s’ajouter les effets de l’annulation ou du report des compétitions. Comment vivre avec distance sinon sérénité, le report d’un objectif sportif sur lequel on a investi toutes ses forces et tout son temps depuis des lustres ? Surtout quand on est atteint par un âge limite, (limitant ?). Ils risquent l’effondrement au vrai sens psychique du terme.

Prendre le temps de trouver un sens à tout cela

Alors comment les accompagner dans ce temps si spécial du confinement et du déconfinement ? Je préconise surtout de ne pas brûler les étapes. Dans la première phase de cet accompagnement, il y a une nécessité de prendre le temps d’un retour sur soi. Le temps ! Ou comment le penser de façon différente que dans l’immédiateté qui prévaut aujourd’hui… Avant de se relancer sans réfléchir sur d’autres objectifs, d’autres entraînements, d’autres compétitions, je suggère d’analyser ce que cette épreuve a révélé chez chacun d’entre nous. La façon dont on l’a vécue a pu faire ressurgir des fragilités anciennes, des conflits internes non résolus bien prompts à envahir la « tête » pour aller vite. Les ruminations et questionnements n’ont pas manqué sur qui l’on est, ses relations avec les autres, ses erreurs, ses prises de risque ou pas, ses rendez -vous manqués. Cela mérite qu’on s’y arrête quelques instants pour faire le point sur ce que cela a révélé en nous, ce vide si grand si toute sa vie n’est dédiée qu’à sa pratique.
Que l’on ne s’y méprenne pas, je ne dis pas que les sportifs ne doivent pas consacrer tous leurs efforts à leur art mais les aider à repérer leurs raisons d’être, leurs centres d’intérêt et leurs impasses, leur permet d’aligner l’homme et le champion et à repartir sans zone d’ombre (ou plus modestement, le moins possible). C’est une opportunité de pouvoir interroger ce qui fonde l’homme. Les seuls résultats, la performance ou des objectifs plus privés ? Quand, comme ici, la compétition principale sur laquelle on a beaucoup investi, est annulée, cela a des conséquences sur sa vie tout court : la maternité repoussée peut-être une nouvelle fois, une pause pour soigner une blessure récurrente, un programme technique et tactique à repenser, des efforts à relancer pour un objectif toujours incertain, etc...

Une liste de ressources enrichie

Il est très important de ne pas sauter cette première étape d’analyse sur la façon dont le sportif a vécu le confinement, pour mieux chercher ensuite comment continuer vers un nouvel objectif. Prendre le temps de digérer avant de rebondir. Et puis cette période d’introspection que l’on partage avec un « autre » (psy, coach mental ? seul ou à plusieurs ?) peut permettre de reconsidérer et d’enrichir sa liste de ressources. Celles que l’on a su mettre en place pour surmonter cette épreuve, celles que l’on avait oubliées parce qu’elles ne sont pas souvent valorisées dans sa vie d’athlète et celles qui comptent dans sa vie d’homme pour rendre son identité d’athlète encore plus forte. Quoi de plus inspirant que de se connaître mieux, avant de construire un entraînement mental adapté !

Redéfinir l’objectif

Il s’agit donc de remettre les bases à niveau d’un point de vue mental. La gestion du stress inhérent à toute compétition, la régulation des émotions, le renforcement de ce que l’on appelle communément la confiance en soi. Ceux qui ont initié un travail sur eux, voire un entraînement mental depuis longtemps s’en sortent mieux que les autres. Il subsiste l’idée, dans certains sports comme le foot par exemple, qu’on ne doit faire appel dans un staff, au préparateur ou coach mental qu’en situation de crise. Même s’il est possible de travailler sur une période de grands remous, pour désamorcer les conflits sur du collectif, entre entraîneur et joueurs, ou clans d’une même équipe, l’efficacité maximale se dessine quand même au travers d’une pratique régulière et personnalisée d’un point de vue mental. On connaît tous maintenant les outils de cette préparation, issus qui de la sophrologie, qui de la PNL, des théories sur la mécanique du cerveau ou des émotions. Ceux qui ont donc pu utiliser ces techniques de respiration, relaxation, voire imagerie mentale pendant cette période de confinement en ont tiré tous les bénéfices. Cette gestion ressemble à s’y méprendre à celle de la blessure de longue durée pour le sportif avec reprise progressive d’activité. C’est là que se concentrent les efforts pour redéfinir un objectif après cette période de transition. Cela favorise une projection après la rupture, avec l’analyse et l’acceptation de ce qu’on a vécu vers d’autres horizons. Point de bascule pour certains, renforcement d’objectifs réactualisés pour d’autres… Certains ont prévu du coup, de repousser leur retraite sportive pour « ne pas partir comme ça ». D’autres, blessés en cours de saison, se voient offrir une seconde chance, d’autres enfin se demandent où ils vont trouver l’énergie et les ressources pour repartir… De cette zone blanche, peut surgir une transformation, des réinvestissements et un nouveau départ. C’est tout le sens de cet accompagnement au plus près de l’homme et du sportif.

Plus d’info au 07 60 62 91 81

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