Aix-en-Provence. Cezanne 2025 : les chantiers avancent

A 80 jours et des poussières de leurs ouvertures, les lieux majeurs de l’année Cezanne 2025 à Aix-en-Provence ont été présentés mardi à une soixantaine de journalistes et influenceurs régionaux et nationaux. Une grande visite de chantiers pour faire le point.

Destimed Cezanne copie
Les enduits extérieurs de la Bastide du Jas de Bouffan ont été réalisés. Les travaux sont actuellement menés à l’intérieur du bâtiment pour rendre accessible, notamment, l’atelier sous la verrière et le grand salon. (Photo ville d’Aix-en-Provence)

Ce mardi 18 mars,  le seul chantier qui n’ait pas été présenté « sur le terrain », le fut par Bruno Ely,  conservateur du patrimoine et directeur du Musée Granet,  qui a détaillé en moins de 60 minutes la muséographie de l’exposition « Cezanne au Jas de Bouffan » dont il assure le commissariat général. Un événement dont nous nous sommes déjà fait l’écho dans le détail. Réparties sur 1000 m², le musée Granet ayant fait l’objet de quelques travaux pour augmenter sa superficie d’accueil des expositions, les salles accueilleront 133 œuvres du maître d’Aix issues des collections de quelque 75 prêteurs publics et privés répartis dans quinze pays du monde. Seules parmi les œuvres dont les prêts avaient été sollicités, celles de la fondation Barnes, restrictive pour l’instant en ce qui concerne ces prêts et celles du musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, ne verront pas les cimaises aixoises l’été prochain.

Les couleurs de la Bastide

Quelle était la couleur de l’enduit qui recouvrait les façades de la bastide du Jas de Bouffan lorsqu’elle devint propriété de la famille Cezanne ? Nul témoin ne pouvant répondre à la question, il faudra se contenter de celle choisie par les « experts » des Bâtiments de France qui recouvrent désormais les murs de l’édifice, soit un gris aux nuances rosées sous le soleil et plutôt vert olive avec un ciel couvert. Les volets sont gris et les encadrements des fenêtres en pierres dorées miel… Ce sont, affirment les  « maîtres de l’art » les couleurs du temps de Cezanne, celles-là même qui, interprétées par le peintre, sont plutôt orangées pour les faces et bleutées pour les volets sur le tableau exceptionnellement prêté par la National Gallery de Prague et qui illustre l’affiche de l’exposition « Cezanne au Jas de Bouffan ».

Il est vrai, comme nous avons pu le constater à l’occasion de cette visite, que la couleur de l’enduit se modifie en fonction de la luminosité ambiante… L’autre « haut-lieu » de cette année Cezanne 2025 sera l’atelier des Lauves installé au nord de la ville et qui a vu son jardin s’agrandir avec l’adjonction d’une propriété voisine, la campagne Girard achetée par la ville, permettant la création d’un lieu patrimonial complet avec un accueil et des installations touristiques (billetterie, boutique, restauration, ateliers pédagogiques) indépendantes de l’atelier même qui redeviendra un espace entièrement dédié à la dernière période de création de l’artiste.

Sophie Joissains : « Nous serons au rendez-vous… »

Pour Sophie Joissains, maire d’Aix-en-Provence, qui participait à ces visites de chantier : « Tout va bien même si nous sommes toujours dans l’urgence, ce qui n’a rien d’étonnant pour de tels chantiers qui touchent au patrimoine profond de la ville. Mais nous serons au rendez-vous fixé dans trois mois pour l’ouverture de ces lieux au grand public. » Et lorsqu’on lui demande ce qu’elle ressent en visitant ces chantiers qu’elle a initiés elle répond avec une voix teintée d’émotion : « On a le cœur qui bat très fort… C’est un  honneur et une joie profonde d’être un artisan de la renaissance de la bastide et de l’atelier et de participer ainsi au retour de Cezanne chez lui. » Sophie Joissains qui a tenu à nous faire savoir le succès de « La Petite galerie Cezanne », à la Manufacture des Allumettes qui, inaugurée le 4 février, accueillera les enfants et les familles jusqu’au 21 décembre alors que son ouverture était initialement prévue jusqu’au 12 octobre seulement. «C’est formidable, nous confiait-elle, parce que ça veut dire des tous ces enfants d’Aix-en-Provence et du territoire vont faire connaissance avec le peintre et avec son histoire, donc se l’approprier et l’intégrer comme étant l’un des personnages importants de la ville. Je tiens à signaler aussi la qualité de la collaboration avec l’Éducation Nationale autour de ce projet. »

Michel EGEA

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