Un grand débat public se doit de mieux appréhender les défis et les opportunités des grands projets industriels qui vont permettre à Fos d’emprunter la voie de la décarbonation. La réindustrialisation sera évoquée dans son ensemble au cours de diverses réunions, une démarche inédite.

Pas de « saucissonnage »
Le préfet de région Provence-Alpes-Côte d’azur Georges-François Leclerc a bien senti l’écueil que peut représenter la mise sur la table de l’ensemble des dossiers : industriels, routiers, environnementaux ou liés à l’emploi. Il anticipe les questions. « On ne veut pas noyer le poisson en proposant cette approche globale. Notre méthode consiste à montrer les effets cumulatifs de cette réindustrialisation. Il aurait été plus facile de saucissonner le débat, d’analyser dossier par dossier le développement de Fos lors d’une série de réunions.» Malgré tout on peut penser que plus le prisme est large plus il est difficile de s’arcbouter sur un point.
« On n’est plus au temps de Delouvrier »
Il n’empêche les temps ont changé selon Georges-François Leclerc. « Nous ne sommes plus dans une France prométhéenne et unilatérale qui décide de manière technocratique, on fera ceci ou cela à tel endroit », affirme-t-il. Quand bien même l’expérience des bassines ou de l’A89 pourraient démontrer le contraire. « Aujourd’hui, poursuit-il, il faut obtenir l’assentiment des élus et des populations et conjuguer attractivité et compétitivité. On n’est plus au temps de la France de Delouvrier (le haut-fonctionnaire qui a remodelé la France lors des trente glorieuses). Les préfets sont différents maintenant, ils consultent, ils sont transparents. Ils font plus de pédagogie et c’est très bien ».
Une démarche inédite
Cette approche globale d’un aussi vaste dossier (il touche trois départements), est inédite. La Commission Nationale du Débat Public (CNDP) a dû changer de logiciel. « Pour ce débat-là il n’y a pas de mode d’emploi, c’est la première fois, c’est inédit, concède Audrey Richard-Ferroudji, la présidente du débat public. En avançant on essaie de construire des modalités qui permettent vraiment de répondre aux objectifs du débat. Les projets sont nombreux (acier vert, photovoltaïque, ligne à très haute tension, pipelines de CO2, hydrogène…). Les effets de ces projets sont nombreux. Ils concernent, l’emploi, la mobilité, les conséquences sur l’environnement… c’est une liste à la Prévert. Pour nous l’enjeu, en tant qu’organisateurs du débat, c’est de donner les conditions d’être informer. Que toutes les alternatives soient sur la table ».
Des hauts et des bas
Selon le préfet de région, plusieurs projets industriels peuvent déjà « se conjuguer au futur de l’indicatif » mais d’autres restent avec un point d’interrogation. ArcelorMittal a annoncé la suspension de tous ses projets de décarbonation en Europe et donc de son four à arc électrique qui devait réduire sensiblement les émissions de CO2 de l’entreprise sidérurgique fosséenne. Le pôle hydrogène est aussi en grande réflexion. La batterie a supplanté cette énergie dans tous les véhicules, VL ou PL.
Malgré tout le futur paysage industriel de Fos se dessine. Jusqu’au 13 juillet le public pourra assister à une série de réunions, participer à des webinaires ou poser des questions sur le site afin d’avoir des éclairages sur les défis et les opportunités de cette réindustrialisation sans précédent de Fos.
Reportage Joël BARCY
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