Publié le 8 novembre 2017 à 23h50 - Dernière mise à jour le 29 octobre 2022 à 13h46
Christine LETELLIER
“La Serpe” de Philippe Jaenada, aux éditions Julliard – 648 p. – 23 €
Le Femina pour la petite histoire Nous sommes en 1904. Parce qu’elles redoutaient que le prix Goncourt créé l’année précédente ne soit attribué qu’à des hommes, un bataillon de femmes a décidé de créer un prix contre le Goncourt jugé misogyne. Il venait en effet d’accorder son prix à Léon Frapié pour son livre “La Maternelle” alors qu’avec son roman “La conquête de Jérusalem” l’orientaliste Myriam Harry partait favorite. Ni une ni deux, vingt-deux femmes se réunissent en conclave sous la présidence d’Anna de Noailles et décident de créer leur prix. Un sacré challenge lorsque l’on sait que dès sa création le Goncourt se félicitait de n’avoir “Pas de jupons chez nous”! Vingt ans plus tard, c’est toujours la guéguerre entre eux. La Presse d’ailleurs n’est pas en reste : le Femina ? En 1925, un journaliste de l’Humanité va jusqu’à comparer le jury “au tribunal des pintades!” Il faut se rappeler que lorsque ces femmes ont créé le Femina, elle se sont octroyés le droit d’élire un auteur alors qu’elle n’avait pas même le droit de vote citoyen. Qu’elles n’ont eu qu’en 1944 ! Une étude sur le palmarès du Prix Femina fait apparaître que durant les cinquante premières années du Prix il y a encore des femmes qui choisissent des prenoms mixtes (Camille, Dominique…) ou publient encore sous des pseudonymes masculins, toujours cette crainte de ne pas être prises au sérieux. Ouf ! les temps ont changé, tellement changé d’ailleurs que le Femina vient d’ajouter cette année un troisième homme à la distribution des prix les plus prestigieux… CH.L. |