Marseille. La Bonne-mère se refait une beauté

L’appel aux dons a payé, les premiers travaux de restauration du piédestal et de la statue de Notre-Dame de la Garde ont débuté. Symboliquement, la première pierre destinée au parement a été bénie avant de monter au sommet. La basilique demeure un phare, un emblème de la ville que l’on soit croyant ou pas.

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La bénédiction de la première pierre destinée à la restauration de la basilique par le père Xavier Manzano ©Joël Barcy

400 tonnes d’échafaudage

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les premiers travaux de restauration du piédestal et de la statue de Notre-Dame de la Garde ont débuté ©Joël Barcy

Des élus, des mécènes, des religieux. Tout le monde était là pour la bénédiction de la première pierre destinée à la restauration de la basilique. Les Marseillais ont été généreux, les travaux peuvent commencer. Coût de l’ensemble 2,8 millions d’euros. « Quand il faut montrer son cœur, Marseille se rassemble au-delà des clivages et des différences et elle sait montrer son plus beau visage, souligne le père Xavier Manzano. Nous voici rassemblés pour la Bonne-Mère qui a besoin de nous».

Un procédé révolutionnaire

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Un procédé révolutionnaire utilisé par la société Girard : une bio consolidation à base de bactéries © Joël barcy

« On va faire une bio consolidation, révèle Christophe Serna, directeur d’exploitation de la société Girard. On va mettre en place des bactéries sur la pierre, on va les nourrir et quand elles vont mourir, elles vont récréer une calcite et cette calcite c’est ni plus ni moins le liant de la pierre. Cela va redurcir le parement qui s’était desquamé avec les embruns. C’est un procédé révolutionnaire qui sert surtout à conforter les sols. Nous on l’utilise pour les murs. La restauration gardera la couleur identique à la pierre ».

Et le classement ?

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©Joël Barcy

Étonnamment la basilique n’est toujours pas classée aux monuments historiques. Rachida Dati, la ministre de la culture, à un peu tordu le bras au diocèse en annonçant son classement lors d’une visite à Marseille en janvier dernier. Depuis pas de validation. « l’Église de Marseille est toujours en réflexion. Quand la réflexion sera mure, la nouvelle vous sera communiquée », indique brièvement Olivier Spinosa le recteur de la basilique.

Pierre de Calissanne

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© Joël Barcy

Fermée depuis le début du 20e siècle la carrière de Calissanne a rouvert pour prélever quelques mètres cubes de pierre. La basilique a été construite avec ce matériaux résistant. Les propriétaires du domaine sont très touchés de participer à cette restauration de Notre-Dame de la Garde. « On a toute une histoire en commun depuis 1851 confie Sophie Kessler-Matière. C’est très émouvant parce que face aux pierres on se dit qu’on ne fait que passer sur terre. On est à 10 km à vol d’oiseau de la basilique mais on a un peu l’impression de tisser des liens, d’être en communion avec elle ».

Des élus œcuméniques

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Renaud Muselier, Benoît Payan, Martine Vassal massette en main comme symbole de la pose de la première pierre des travaux de restauration de la Bonne Mère © Joël Barcy

Ils n’ont d’yeux que pour elle en cette journée de lancement de la restauration de la basilique. Pour le maire de Marseille elle demeure « le symbole de la ville. Elle dépasse sa vocation religieuse. Que l’on soit croyant ou pas elle représente l’histoire de Marseille. Elle est un phare. Le pape est venu ici pour adresser un message de paix. Elle est une identité extrêmement forte ». « C’est un lieu de référence indique Martine Vassal, la présidente de la Métropole. C’est un lieu qui nous rappelle nos racines judéo-chrétiennes, c’est un lieu où tout le monde se retrouve et, à un moment, se retourne vers Notre-Dame de la Garde et lui demande sa protection. Il y a une de ces pierres qui a été posée par mon grand-père paternel lors d’une rénovation. C’est un peu une continuité dans l’histoire ».

« Je suis venu souvent ici, je suis catholique, confie Renaud Muselier, le président de région. C’est un symbole pour les marins, pour tous ceux qui ont eu d’énormes souffrances dans leur vie. Souvent ils font des offrandes. Pour la région c’est un peu plus d’un million d’euros pour sa sauvegarde depuis 2009 afin qu’elle soit belle et magnifique pour représenter Marseille ».

L’OM avec la Bonne-mère

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L’OM apporte son écot à la rénovation de la Bonne Mère – Fabrizio Ravanelli, fervent catholique, ancien joueur de l’OM et actuel conseiller sportif affiche sa fierté © Joël Barcy

Fabrizio Ravanelli, fervent catholique, ancien joueur de l’OM et actuel conseiller sportif affiche sa fierté lors de cette célébration. Le club apporte son écot à la rénovation de la bonne mère. « C’est un lien très fort avec le club. Elle donne de la fierté à l’OM, aux supporters et à notre président Pablo Longoria et à notre patron, Frank McCourt. C’est quelque chose d’important de participer à la restauration de Notre-Dame de la Garde. De montrer que l’OM est toujours là, pas uniquement sur le plan du sport mais aussi au niveau social. Aujourd’hui c’est une journée historique pas seulement pour moi mais aussi pour le club ».

Fin des travaux le 8 décembre, le jour de l’immaculée conception. La Vierge, auréolée d’or, pourra à nouveau veiller sur la Méditerranée.

Reportage Joël BARCY

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