La démocratie locale est un bien précieux qu’il nous faut préserver. À l’heure où le gouvernement s’apprête à réviser la loi Paris-Lyon-Marseille (PLM), il est crucial de rappeler que cette législation, héritée de l’ancien maire socialiste de Marseille Gaston Defferre, constitue depuis 1982 le socle de notre gouvernance métropolitaine. Cette loi, fruit d’une vision décentralisatrice ambitieuse, ne saurait être modifiée sans une réflexion approfondie et une consultation citoyenne d’envergure.
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La proposition actuelle du gouvernement Bayrou de réformer le système électoral, à moins d’un an des élections municipales, soulève de légitimes inquiétudes. Comment justifier une telle précipitation pour modifier un texte qui, depuis quatre décennies, garantit l’équilibre démocratique de nos grandes métropoles ? Cette démarche précipitée risque d’affaiblir le lien vital entre les citoyens et leurs élus de proximité.
Dans nos quartiers, les maires de secteur et leurs adjoints accomplissent un travail essentiel. En tant qu’officiers d’état civil, ils gèrent aussi l’urbanisme, les équipements sociaux et les espaces verts – des missions fondamentales pour le quotidien des Marseillaises et des Marseillais. Cette proximité, gage d’une gestion efficace et humaine, ne doit pas être sacrifiée sur l’autel d’une réforme hâtive et mal conçue.
Marseille fait face à de nombreux défis urgents : sécurité publique, rénovation des écoles, crise du logement, infrastructures vieillissantes. Ces enjeux exigent toute notre attention et nos ressources. Est-il vraiment sage, dans ce contexte, de déstabiliser notre organisation territoriale ? D’autant plus que, bien que la loi PLM n’est certes pas parfaite, elle n’est en rien un obstacle à l’action municipale. Au contraire, elle fournit un cadre adapté aux spécificités de notre métropole.
Le climat politique national, marqué par l’instabilité gouvernementale et les tensions parlementaires, nous appelle à la prudence. Les Marseillais ont besoin de stabilité, non d’expérimentations hasardeuses. Toute révision de la loi PLM doit émaner d’une véritable concertation avec les citoyens, dans un climat serein et constructif. Les Marseillaises et les Marseillais méritent mieux que des réformes précipitées. Ils méritent d’être entendus, respectés et associés aux décisions qui engagent l’avenir de leur ville.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : préserver une démocratie locale vivante, proche des citoyens, capable de répondre efficacement à leurs besoins. Ne laissons pas des considérations politiciennes compromettre quarante années de décentralisation réussie.
Marseille a besoin d’actions concrètes, pas de réformes hâtives et non concertées.
La démocratie de proximité n’est pas négociable. C’est notre héritage, notre présent et notre avenir.