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Doctor Strange ou l’apologie du voyage initiatique par Eric Delbecque

samedi 12 novembre 2016

Doctor Strange, le dernier blockbuster Marvel, remplit son office : il projette le maître des arts mystiques dans le XXIe siècle de façon convaincante. Car l’écueil était là : flirter avec une atmosphère ringarde de « flower power » et « New Age Old Fashioned » à la mode des années 60-70… Tout au contraire, le neurochirurgien Stephen Strange ressemble parfaitement à un quadra hype newyorkais ! Médecin en pointe, arrogant et roulant en voiture de sport hors de prix, il place son ego plus haut que tout et ne croit qu’à son talent, au dollar et à un rationalisme très étroit.


Un accident de voiture extrêmement violent, qui le prive de l’usage professionnel de ses mains (il n’est plus capable d’opérer), va le transformer en profondeur. Après avoir constaté l’impuissance de la science à le soigner, il part rencontrer l’Ancien au Népal. Un homme qu’il a renoncé à aider dans le passé lui indique que ce mystique étrange et puissant lui a rendu l’usage de ses jambes et qu’il lui faudra accomplir un véritable voyage intérieur pour entendre et assimiler l’enseignement de cet énigmatique personnage.

Strange décide de tenter sa chance. Il découvre que l’Ancien est une femme, dont l’âge se compte en siècles. D’abord rétive, en regard du matérialisme et du narcissisme de Stephen, elle finit par accepter de l’initier à la magie. Devenu un virtuose, il doit faire face à un sorcier renégat, Kaecilius, ancien disciple de l’Ancien.

Clairement, le film fait le procès d’un certain cynisme contemporain qui ridiculise la dimension religieuse et supranaturelle de l’existence humaine. Doctor Strange constitue aussi et surtout une charge contre le matérialisme et le consumérisme triomphant. Avant de devenir un sorcier, Strange s’imposait comme la caricature absolue de l’athée vindicatif, résumant son existence à la recherche de la performance, de la réussite financière et de la reconnaissance sociale.

Il y aussi dans cette histoire une réflexion sur la nature même de l’immortalité, ou plutôt sur le prix de l’éternité que l’on tente de chercher ici-bas. La défaite de la mort que cherche Kaecilius en devant le serviteur de Dormammu implique de devenir un esclave totalement soumis, dénué de volonté et même de véritable existence comme sujet. C’est une sorte de fusion dans un grand Tout où seul existe véritablement Dormammu, qui s’impose comme le terme de son voyage à travers les ténèbres. Sans doute faut-il y déceler un écho de la tentative actuelle de faire reculer la mort à n’importe quel prix, y compris à travers l’univers digital et le mythe inquiétant du cyborg.

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Eric Delbecque, Chef du département intelligence stratégique de Sifaris et Président de l’ACSE, auteur de : Les super-héros pour les nuls (Éditions First) -
sites : atlantico.fr/eric-delbecque - comiteorwell.net

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